La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a récemment refusé l’extradition de François Compaoré, le frère de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, dans l’affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo. Exilé en France depuis la chute de son frère, François Compaoré est inculpé dans cette affaire qui a suscité une vive émotion au Burkina Faso.
La décision de la CEDH repose sur l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui interdit la torture et les traitements inhumains ou dégradants. La Cour estime que l’extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso pourrait entraîner une violation de ses droits fondamentaux.
Les avocats de François Compaoré ont salué cette décision, soulignant l’indépendance et l’impartialité de la justice européenne en tant que garante des droits fondamentaux. Ils regrettent cependant que la France n’ait pas retiré le décret d’extradition signé en février 2020, considérant qu’il portait atteinte aux droits et libertés de leur client.
Il convient de rappeler que la Cour de cassation française avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Cette décision de la CEDH représente donc une victoire pour François Compaoré et ses conseils.
L’affaire de l’assassinat de Norbert Zongo reste un sujet sensible au Burkina Faso, où de nombreuses voix réclament justice pour ce journaliste engagé. La décision de la CEDH soulève des questions quant à la coopération entre la France et le Burkina Faso dans la poursuite de cette affaire, et met en évidence les défis auxquels sont confrontés les pays dans la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes.
Il reste à voir quelles seront les prochaines étapes de cette affaire et si une solution pourra être trouvée pour répondre aux attentes de justice du peuple burkinabé tout en respectant les droits fondamentaux de François Compaoré.

