À seulement 24 ans, le handballeur camerounais Bouteu Wabo trace son chemin avec détermination sur les parquets africains. Aujourd’hui sociétaire du club ISEG Sport au Sénégal, il revient sur son parcours, ses ambitions et les défis d’un jeune sportif camerounais dans une discipline encore marginale au pays.
Interview avec Bouteu Wabo, handballeur international camerounais
1- Comment allez-vous aujourd’hui ?
Malgré la fatigue entre les entraînements et les matchs, je dirais plutôt que je vais bien.
2- Comment se passe votre saison avec ISEG Sport ?
Aujourd’hui ça se passe bien, je pense que si vous me suivez vous saurez que nous sommes en demi finale de la Coupe du Sénégal et nous sommes bien parties pour jouer les playoffs, mais je ne vous cache pas qu’à mon arrivée c’était un peu compliqué avec le climat, mais j’ai su m’adapter, et aussi quand on arrive dans une nouvelle équipe, y’a beaucoup de choses qui changent, les dispositifs ne sont plus pareils, les physiologies de jeu différentes, mais après c’est un peu pour toute cette différence-là qu’on pratique ce sport.

3- Comment et quand avez-vous commencé à jouer au handball ?
Déjà faut savoir que ma mère est une ancienne handballeuse, donc à chaque fois qu’elle allait à ses entraînements, elle m’amenait avec elle, c’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser, mais je jouais juste occasionnellement. Je n’avais que 12 ans à l’époque et j’étais déjà inscrit dans un centre de formation de football à Douala où j’étais gardien de but.
J’étais plus concentré sur le foot. Du coup, durant la FENASCO, y’avait plusieurs disciplines à l’école et moi j’étais un enfant qui aimait beaucoup le sport. Comme j’avais déjà les bases au handball, l’établissement m’avait sélectionné pour participer à cette compétition-là et je ne vous cache pas que j’étais l’un des meilleurs.
Après la compétition, j’ai commencé à beaucoup plus m’intéresser, j’ai arrêté le football et j’ai commencé à chercher des centres de formation avec l’aide de mes parents. Je commence d’abord à 13 ans avec un centre de formation à Douala qui s’appelle LÉVIS TRAINING CENTER, après je change de centre, je vais à mes 15 ans à Dreamsport Académie, toujours à Douala.
Je passe 2 ans là-bas et je vais à Yaoundé dans un autre centre appelé BTS Académie où je commence vraiment à montrer mon talent et plein d’autres choses et tout part de là.
4- Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce sport ?
J’ai pas forcément été attiré par quelque chose, je ne saurais expliquer, je me sens juste à l’aise quand je suis sur un terrain de handball, je prends tellement de plaisir à faire ce sport, je dirais tout simplement.
5- Avez-vous eu des modèles ou des influences ?
À mes débuts, il y a eu des joueurs comme Nicolas Karabatic et Hansen qui m’ont inspiré et qui continuaient de m’inspirer mais aujourd’hui le handball s’est modernisé, et pour le coup je dirais DIKA MEM.

6- Quels clubs avez-vous représenté avant ISEG Sport ?
Avant l’Iseg, j’ai fait mes débuts au championnat camerounais avec Dreamsport Académie où j’ai fait 2 saisons. Après je suis allé à Friendship HB où j’ai également fait 2 saisons. Par la suite j’ai été transféré à la Fondation André Nziko (FANZ) à Yaoundé au Cameroun pour une saison.
7- Quels sont les souvenirs de vos expériences précédentes ?
Alors j’ai plusieurs souvenirs, mais ceux qui me reviennent le plus à l’esprit, c’est la Coupe du Cameroun remportée avec la Fondation André Nziko en 2024 et les finales des jeux universitaires Garoua 2024 remportées avec l’institut Universitaire Siantou où j’ai été élu par la même occasion meilleur joueur et meilleur buteur.
8- Quels sont les défis que vous avez rencontrés ?
Étant au Cameroun, vous savez, c’est un peu compliqué, vu que le handball n’est pas un sport très développé, tu ne peux pas vraiment y vivre. Gérer entre l’école, quelques petits jobs et les entrainements, c’est pas évident. Il y a aussi les infrastructures qui ne permettent pas à l’athlète d’être à 100 % de ses capacités. Vous savez, le handball est un sport de salle, mais au Cameroun on parvient encore à avoir des matchs en plein air, et pendant les périodes de pluies c’est impossible de pratiquer.
9- Avez-vous déjà joué pour l’équipe nationale du Cameroun ?
J’ai déjà eu la chance de participer à des compétitions avec l’équipe nationale du Cameroun U18 et U20. Avec l’équipe nationale senior, j’ai déjà été pré-présélectionné mais je n’ai pas encore participé à une compétition, mais je crois qu’avec le travail rien n’est impossible.
10- Quelles sont vos ambitions avec l’équipe nationale ?
Jouer pour son pays est déjà une grande fierté, mais après gagner une CAN, participer à une coupe du monde ou alors faire les Jeux olympiques sera une grande réussite pour moi.
11- Comment s’est fait votre transfert à ISEG Sport ?
Le club a été intéressé par mon profil et est entré en contact avec moi. Ils m’ont expliqué leur vision pour cette saison et ça accrochait avec mes objectifs, du coup le reste a suivi.
12- Comment vous êtes-vous adapté à la vie au Sénégal et au club ?
Comme j’ai dit au début, c’est pas toujours facile de quitter son pays pour un autre, surtout avec le climat du Sénégal, mais après c’est ça la beauté du sport, il faut juste savoir s’adapter. Néanmoins avec le club ça se passe plutôt bien, ça te permet d’apprendre d’autres systèmes de jeux et vous savez, il faut toujours être ouvert d’esprit et être prêt à apprendre de nouvelles choses.

13- Quels sont vos objectifs avec ISEG Sport ?
L’objectif collectif est de remporter la coupe du Sénégal mais après pourquoi pas aller chercher les playoffs. L’objectif personnel est d’évoluer en tant que joueur et d’être la meilleure version d’hier.
14- Comment trouvez-vous le niveau du handball sénégalais ?
Je dirais que le handball sénégalais a un bon niveau, leur façon de jouer est très différente de celle du Cameroun, mais comme j’ai dit, il faut juste savoir s’adapter.
15- Quels sont vos hobbies et vos centres d’intérêt en dehors du handball ?
Déjà, faut savoir que en dehors du handball, je suis un passionné de tout ce qui est marketing. Je suis d’ailleurs titulaire d’un BTS en marketing, commerce et vente. À côté de cela, j’aime la lecture et la création de contenus pour les marques de vêtements sur les réseaux, particulièrement sur Instagram.
16- Comment conciliez-vous votre vie personnelle et votre carrière sportive ?
C’est pas du tout évident mais il faut être concentré et avoir des objectifs, avoir aussi un bon emploi du temps et le respecter aussi .
17- Quels sont vos objectifs à court et à long terme ?
Mes objectifs à court terme, je l’ai dit plus haut, c’est de gagner la Coupe du Sénégal. Certes ça ne va pas être facile, mais on donnera tout pour y arriver. Après, mes objectifs à long terme, c’est d’évoluer en tant que joueur et pourquoi pas d’aller en Europe pour tester de nouvelles expériences.

18- Où vous voyez-vous dans cinq ans ?
Je me vois, ou du moins j’espère être, dans un club en Europe pour pratiquer ce sport que j’aime, et j’aimerais développer en parallèle un business qui me permettra de gérer ma vie après le handball.
19- Avez-vous des projets après votre carrière de joueur ?
Oui !! Je voudrais créer un centre de formation qui va permettre aux gens d’avoir l’accessibilité à du matériel de travail et pourquoi pas de bons stades pour la pratique du handball. Après, comme j’ai dit, je veux aussi avoir certains business en dehors du handball.
Andy, Nous sommes arrivés au terme de notre interview, je vous remercie pour votre temps et votre disponibilité. Je vous souhaite bonne chance pour la suite de votre carrière. Je vous laisse l’opportunité de passer un message aux jeunes Camerounais qui rêvent de faire carrière dans le handball.
Tout d’abord c’est moi qui vous remercie pour m’avoir donné cette opportunité de m’exprimer. Je dirai tout simplement à ces jeunes-là de croire en eux et de ne laisser personne leur dire qu’ils ne sont pas capables. De se fixer aussi des objectifs et de se donner les moyens de les atteindre.


Bravo mon tu as mon soutiens total va de l’avant et merci dedifier la jeunesse camerounaise