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Hadja Awa portée disparue après son arrestation

La disparition de la militante camerounaise Hadja Awa suite à son arrestation a suscité l’inquiétude, ravivant le débat sur la pratique de longue date du régime Biya consistant à réduire au silence les voix dissidentes.

Un mandat d’arrêt a été émis contre Awa le 23 juillet, quelques jours après qu’elle a vivement critiqué le régime en place. Elle aurait été arrêtée quelques jours plus tard et est depuis portée disparue.

La défenseuse des droits humains chevronnée, l’avocate Alice Nkom, elle-même fervente critique du gouvernement Biya, a exprimé sa solidarité dans une publication Facebook le 16 août.

« Nous sommes aux côtés de Mme Adja Hawa. Parce qu’aucune voix libre ne devrait disparaître dans le silence… Libérez-la. Protégez-la. Écoutez-la », a-t-elle écrit.

L’auteur franco-camerounais Calixthe Beyala a également tiré la sonnette d’alarme, indiquant sur Facebook que Hawa n’avait pas été vue depuis son arrestation, ce qui alimente les craintes quant à sa sécurité et à son sort.

Qui est Adja Hawa ?

Hadja Awa, parfois appelée Haoua, est une militante politique engagée et une mobilisatrice locale connue pour ses critiques audacieuses à l’égard du régime en place.

Elle a déjà mené des campagnes populaires exigeant la responsabilisation, la justice sociale et des réformes politiques au Cameroun.

Un schéma familier sous le régime Biya

La disparition de Hawa n’est pas considérée comme un cas isolé. Elle survient quelques semaines seulement après qu’un article de MMI du 24 juillet a révélé qu’elle était déjà dans le collimateur des forces de sécurité.

Un mandat d’arrêt daté du 23 juillet et signé par le lieutenant-colonel Biallo Dieudonné accusait Hawa d’avoir lancé des « appels à l’insurrection ».

Le même mandat lui imposait une interdiction de voyager après qu’elle eut formulé une critique acerbe de l’élite dirigeante camerounaise.

Dans des enregistrements vocaux qui lui sont attribués, Hawa accusait Ferdinand Ngoh Ngoh de diriger le pays à la place du président Paul Biya, âgé de 92 ans.

Elle a dénoncé la récente déclaration de candidature de Biya aux élections de 2025, la qualifiant de manœuvre de Ferdinand Ngoh Ngoh pour maintenir le statu quo politique qui a maintenu Biya au pouvoir pendant 42 ans.

Une histoire de muselage des voix

Le Cameroun a une longue tradition de muselage des voix critiques sous le régime de Biya.

Des journalistes comme Samuel Wazizi, décédé en détention militaire en 2019 dans des circonstances obscures, demeurent des symboles de la répression brutale exercée par l’État.

Le chef de l’opposition Maurice Kamto a été emprisonné après l’élection présidentielle contestée de 2018, tandis que d’innombrables militants, avocats et citoyens ordinaires ont été victimes d’arrestations arbitraires, d’intimidations et de détentions sans procès.

Les organisations de défense des droits humains ont régulièrement documenté des disparitions forcées, le harcèlement des dissidents et le recours aux forces de sécurité pour réprimer les manifestations pacifiques.

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