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François Marc Modzom : « Fame Ndongo est dans l’ordre du principe, tandis que René Sadi est dans l’ordre du réalisme »

François Marc Modzom
François Marc Modzom, Directeur de l'ESSTIC (c) Droits réservés

Alors que la question de la candidature de Paul Biya à la présidentielle d’octobre 2025 agite les milieux politiques et médiatiques, le Pr François Marc Modzom, Directeur de l’ESSTIC et spécialiste de communication politique, appelle à la retenue.

Dans une analyse pondérée, il qualifie la polémique née des déclarations des ministres René Emmanuel Sadi et Jacques Fame Ndongo de « faux débat » et de controverse artificielle.

À PROPOS DE LA «CACOPHONIE GOUVERNEMENTALE » AU SUJET DE LA CANDIDATURE DE PAUL BIYA A SA PROPRE SUCCESSION : L’EXEMPLE D’UN FAUX DÉBAT

Pr François Marc MODZOM, directeur de l’ESSTIC, SPÉCIALISTE DE COMMUNICATION POLITIQUE

Les chroniques médiatiques s’animent depuis quelques jours autour des déclarations dites « contradictoires » des ministres SADI et FAME NDONGO. Ceux qui le veulent bien y voient un signe de détresse, sinon de panique au sein de la majorité gouvernante au Cameroun. Un regard un tant soit peu attentif montre clairement qu’il n’en est rien.

Voici, en résumé, les positions de l’un puis de l’autre :

  • SADI: Rien, objectivement parlant, n’autorise à affirmer que le Président BIYA sera (ou ne sera pas) candidat à sa propre succession. Certes les dispositions statutaires du RDPC l’y autorisent, mais des facteurs contextuels (notamment l’usure du temps) pourraient fort bien l’amener à prendre une décision contraire. D’où le fameux 50/50;
  • FAME NDONGO: Les dispositions statutaires du RDPC ne laissent l’ombre d’aucun doute quant à la candidature du président Paul BIYA à la très prochaine élection présidentielle.

En réalité, les deux hauts responsables disent la même chose.

Le second, FAME NDONGO, est dans l’ordre du principe, tandis que le premier, SADI, est dans l’ordre du réalisme. Les textes du parti RDPC ont beau consacrer son Président National comme « candidat naturel »; nul, à la vérité, en dehors du principal concerné lui-même, ne peut connaître avec certitude ce qu’il voudra faire.

Chacun des deux protagonistes manipule à la perfection la langue française, et sait donc, pour dire le moins, choisir les mots utiles pour exprimer le fond de sa pensée. Ils sont en outre, l’un et l’autre, inscrits dans le cercle fermé des proches et fidèles incontestés du président Paul BIYA.

Nul ne saurait les soupçonner, l’un ou l’autre, de jeter un quelconque discrédit sur la prochaine campagne et le candidat du camp présidentiel. La controverse actuelle me semble dès lors tirée par les cheveux par des structures médiatiques et des personnes en quête absolue de grain à moudre.

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