Un tribunal finlandais a condamné lundi le leader séparatiste nigérian Simon Ekpa à six ans de prison pour des infractions liées au terrorisme en lien avec le mouvement indépendantiste du Biafra.
Âgé de 40 ans et possédant la double nationalité finno-nigériane, ce dernier a été reconnu coupable par le tribunal de district de Päijät-Häme de participation à des activités de groupes terroristes, d’incitation à des crimes à des fins terroristes et de fraude fiscale aggravée.
Selon le tribunal, Ekpa a joué un rôle central dans l’organisation et l’équipement de groupes séparatistes armés dans le sud-est du Nigéria, une région historiquement marquée par la guerre civile du Biafra de 1967-1970, qui a fait des centaines de milliers de morts.
Conclusions du tribunal contre Ekpa
Entre 2021 et 2024, à Lahti, en Finlande, Ekpa aurait utilisé les réseaux sociaux, notamment X (anciennement Twitter), pour diffuser de la propagande séparatiste et encourager des actes de violence au Nigéria.
Le tribunal a jugé qu’il avait fourni des armes, des explosifs et des munitions à des factions armées par l’intermédiaire de ses réseaux internationaux.
« Il a utilisé les réseaux sociaux pour obtenir une position politiquement influente et a profité de la confusion au sein d’un mouvement séparatiste pour y jouer un rôle important », a déclaré le tribunal.
Ekpa a nié les accusations, affirmant que ses actions se limitaient au partage de communications officielles et d’informations régionales. Malgré sa défense, les juges ont estimé que ses activités constituaient un soutien direct au terrorisme.
Carrière politique et controverse de Simon Ekpa
Avant son arrestation, Ekpa était un homme politique local en Finlande, siégeant à un comité des transports publics au sein du Parti de la coalition nationale, un parti conservateur. Il a également fait l’objet de plusieurs enquêtes de vérification des faits par l’AFP pour diffusion d’informations fausses ou trompeuses concernant la lutte au Biafra.
La connexion avec Ayaba Cho Lucas
Les activités d’Ekpa ont attiré l’attention internationale, notamment en raison de sa collaboration avec Ayaba Cho Lucas, chef du Conseil de gouvernement d’Ambazonie, un mouvement séparatiste qui milite pour l’indépendance des régions anglophones du Cameroun. Les deux hommes ont publiquement soutenu leurs causes respectives, établissant des parallèles entre la lutte du Biafra et la crise anglophone au Cameroun.
Cependant, Ayaba Cho Lucas lui-même a rencontré des problèmes judiciaires à l’étranger. Depuis le 24 septembre 2024, il est en détention provisoire en Norvège, dans l’attente de son procès pour des allégations liées à ses activités et à ses associations. Sa détention a suscité des interrogations parmi les observateurs camerounais quant à la position de la communauté internationale à l’égard des dirigeants séparatistes qui opèrent depuis l’Europe tout en influençant les conflits au Cameroun.
Impact sur le Nigéria et le Cameroun
La condamnation d’Ekpa est susceptible d’avoir des répercussions au-delà du Nigéria. Les analystes soulignent que sa condamnation envoie un message fort aux dirigeants séparatistes de la diaspora, dont beaucoup utilisent les refuges européens pour diffuser et financer leurs mouvements.
Pour le Cameroun, où les violences séparatistes persistent dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette affaire résonne profondément. La collaboration entre Ekpa et Ayaba Cho Lucas met en lumière la dimension transfrontalière des réseaux séparatistes en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.






