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Fecafoot : Abdouraman Hamadou Baba, le trouble-fête (?)

Principal et farouche opposant des différents exécutifs qui se succèdent à la Fédération camerounaise de football, le président de l’Etoile filante de Garoua, qui a récemment émis le vœu d’engager un dialogue avec l’équipe Samuel Eto’o dans le dessein de mettre fin à cette interminable crise qui secoue le sport roi, veut reprendre le chemin des tribunaux pour faire annuler l’élection de l’ancien capitaine des Lions indomptables.

Volte-face ou obsession aveugle de la légalité ? C’est peut-être un mélange des deux. Sur la pelouse glissante du football camerounais, l’habitude du retournement de veste est devenue plus qu’une seconde nature chez certains acteurs à telle enseigne qu’il devient difficile de croire objectivement en leur combat. Six jours après le scrutin qui a porté Samuel Eto’o à la présidence de la Fécafoot face à Seidou Mbombo Njoya (43 voix contre 31 Ndlr), Abdouraman Baba Hamadou est l’invité de l’émission « interview » sur Stv, une télévision privée émettant depuis Douala.

Conscient que des millions de camerounais brûlent d’impatience sur sa réaction au sujet de la nouvelle dynamique que veut impulser le nouveau patron de l’instance faîtière du football camerounais, le président de l’Etoile filante de Garoua se dit prêt à discuter avec l’ex goléador.

A le croire, il est temps de ranger les épées dans les fourreaux, enterrer la hache de guerre, fumer le calumet de la paix et régler définitivement les problèmes de notre sport roi.« Je n’ai pas rencontré Samuel Eto’o. On n’a pas eu de contact. Je ne pouvais pas le féliciter quand même i Ce n’est pas possible (…) Nous allons lui donner la possibilité de discuter, de trouver une solution. On va lui faire la passe, ils savent que je n’ai pas de prix. J’ai des valeurs. L’enjeu, c’est de trouver une solution entre camerounais », confie l’invité.

Bourreau des mal élus

Et pour démontrer sa volonté d’ouvrir la voie au dialogue et à la réconciliation, Abdouraman confesse que le meilleur de l’Histoire des Lions indomptables et l’exécutif qu’il conduit, auront même droit à un traitement de faveur. « Nous allons faire avec Samuel Eto’o, ce qu’on n’a jamais fait avec personne. Nous allons agir en toute responsabilité et on espère que Samuel agira aussi en toute responsabilité », révèle-t-il.

Une posture saluée par plusieurs fans de l’ancien artificier du Fc Barcelone, convaincus qu’on est bien parti pour enfin voir le bout du tunnel après de nombreuses années dans les profondeurs abyssales d’un football qui agonise.

Encensé, congratulé, couvert d’éloges et presqu’au bord de la canonisation, le leader de l’association des clubs amateurs de football du Cameroun (Acfac), présenté comme le bourreau des mal élus, est appelé à retirer sa requête en annulation du processus électoral au Tribunal arbitral du sport (Tas).

Mais seulement, cela se fera après consultation des 44 membres de l’assemblée générale de 2009 qui lui ont donné le mandat de parler en leurs noms, il devra également consulter le bureau des 500 clubs amateurs qui composent l’Acfac. Ce n’est qu’après avoir harmonisé toutes ces positions, qu’ils feront la « passe » au « Pichichi ».

En bon footballeur qu’il a été, l’ancien directeur de cabinet d’iya Mohammed espère qu’il fera bon usage du ballon et marquera le but qui sortira le football camerounais de l’impasse.

Alors que beaucoup attendent que les choses repartent sur les rails, bien loin des querelles intestines, des batailles à n’en plus finir et des guerre d’égos au sein de la Fécafoot, l’hirondelle qu’on croyait apporter le printemps pour démarrer le magistère d’Eto’o en fanfare, surprend tout le monde à travers un post sur sa page Facebook dimanche 9 janvier dernier, date de la cérémonie d’ouverture de la 33e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) que le Cameroun abrite. Signe des temps ?

Vomi par le peuple

« En ce jour historique pour le football camerounais, c’est avec une grande déception et une grande tristesse que je vous informe que mon ami et frère Samuel Eto’o n’a pas accepté la passe qui lui a été faite. Malgré les injures et la calomnie qui m’ont personnellement visé ces derniers jours, je n’éprouve aucun regret d’avoir pesé de tout mon poids pour réunir les conditions fiables d’une sortie de crise définitive pour notre football.

Face à cette situation difficile, la quasi-totalité des membres légitimes de l’Assemblée générale de la Fécafoot a décidé de maintenir leur appel déposé au Tas le 9 novembre 2021.11 reviendra donc, malheureusement, aux juridictions internationales compétentes de trancher à nouveau », écrit-il.

De quoi provoquer l’ire des amoureux du football camerounais qui présentent désormais le « Messie » d’hier comme un opportuniste de mauvais aloi, certainement en quête d’un juteux strapontin à la Fécafoot pour une fin de conflit dorée. Entre ceux qui pensent que l’homme a certainement exigé à Samuel Eto’o, le poste de Secrétaire général de l’instance (dont Benjamin Didier Banlock assure déjà l’intérim) doublé d’un important pactole et ceux qui y voient le résultat d’un mauvais arrangement, les commentaires fusent de toutes parts.

D’aucuns croient dur comme fer que le digne fils de Garoua veut « priver le peuple camerounais de son espoir de redonner ses lettres de noblesse au football ». Une attitude jugée d’antipatriote. Habitué à couler le navire des exécutifs mal élus, depuis qu’il a quitté la Fécafoot en 2012 après avoir occupé plusieurs postes, les uns aussi importants que les autres, Abdouraman aurait-il encore du crédit aux yeux de ces acteurs du football camerounais qui lui ont toujours témoigné toute leur sympathie dans le noble combat qu’il mène ?

Au moment même où Samuel Eto’o appelle la famille du sport roi à enterrer les intérêts égoïstes pour relancer les championnats locaux en leur assurant régularité, attractivité et visibilité, comment comprendre ce nouveau volte-face ?

Au moment même où le joueur formé à la Kadji sport academy (Ksa) se dit animé par la conviction que ceux qui ont les moyens et les outils susceptibles de développer notre football doivent « quitter l’ombre et la casquette de faiseurs de Rois pour devenir les acteurs de son développement », quelle plus-value peut-on accorder à ce nouvel épisode à reverser dans le tumultueux feuilleton de l’interminable crise post-électorale à la Fécafoot ? Just wait !

Le Messager

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