Dans le port de Los Angeles, une étrange péniche recouverte de tuyaux et de réservoirs abrite une idée qui promet de faire des vagues : utiliser l’océan comme une éponge de CO2, pour retirer ce gaz à effet de serre de l’océan. ‘atmosphère.
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Une équipe de scientifiques de l’université UCLA travaille depuis deux ans sur cet ambitieux projet de lutte contre le réchauffement climatique, baptisé SeaChange.
Leur objectif est « d’utiliser l’océan comme une grosse éponge », a déclaré à l’AFP Gaurav Sant, directeur de l’Institut de gestion du carbone (ICM) de l’UCLA.
Les mers qui recouvrent la majeure partie de la Terre sont notre meilleur allié climatique, car l’océan agit comme un tampon essentiel : il absorbe plus d’un quart de toutes les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et 90 % de la chaleur qu’elles ont émise au cours des dernières décennies.
Mais le principal puits de carbone de la planète est en danger : l’océan s’acidifie et la hausse des températures réduit sa capacité d’absorption. L’équipe souhaite l’augmenter, grâce à un procédé électrochimique qui élimine le CO2 contenu dans l’eau de mer.
« Si nous parvenons à éliminer le dioxyde de carbone présent dans les océans, nous renouvelons essentiellement leur capacité à capter du dioxyde de carbone supplémentaire de l’atmosphère », résume M. Sant. Comme quand on presse une éponge pour récupérer son pouvoir d’absorption.
Photo Patrick T. Fallon / AFP
Gaurav Sant
Emprisonné dans les minéraux
Les ingénieurs ont donc mis au point une mini-usine flottante sur un bateau d’une trentaine de mètres de long, qui pompe l’eau de mer et la soumet à une charge électrique.
L’électrolyse déclenche une série de réactions chimiques qui finissent par neutraliser le CO2 initialement contenu dans l’eau. Il est piégé dans une fine poudre blanche qui contient du carbonate de calcium, un élément présent dans la craie, le calcaire ou les coquillages, et du bicarbonate de magnésium.
Ces minéraux naturels peuvent être rejetés dans l’océan, qui « stocke le CO2 de manière très durable (…) pendant des dizaines de milliers d’années », selon M. Sant. Et l’eau pompée retourne à la mer, prête à réabsorber les gaz à effet de serre de l’air.
L’ingénieur est convaincu que le procédé n’aura aucun impact sur le milieu marin, une intuition qui reste à confirmer.
En plus d’éliminer le CO2 de l’atmosphère, le procédé produit également de l’hydrogène, un gaz essentiel à la transition énergétique qui pourrait alimenter les camions, trains ou avions propres de demain.
Photo Patrick T. Fallon / AFP
L’équipement de l’équipe de recherche SeaChange, sur un bateau dans…



