
Cette œuvre polyphonique, pleine de contradictions, trouve sa cohérence dans l’éloge d’une certaine pratique de la philosophie, différente de son enseignement académique. Sortir de l’université sans renoncer à la rigueur de la pensée, y ajouter la nécessité éthique d’aborder des sujets pensants, telle est la nouvelle loi de l’Institut d’études Levinass, selon Gabriel Perez. Ayant suivi les cours de Benny Lévy, nous pouvons témoigner que l’ancien secrétaire de Sartre et ex-mao, fondateur de l’Institut, pratiquait la maïeutique socratique (l’art de faire naître des idées), en l’appliquant à la linéarité du commentaire des textes de Platon selon l’autre méthode ancienne, celle de l’herméneutique juive (interprétation biblique). L’Ancien Testament-Platon-Lévinas-Sartre-la Révolution : les jeunes et moins jeunes dirigeants de l’Institut se revendiquent de ce cocktail explosif. On peut cependant déplorer le manque de précisions sur l’éloignement des deux autres co-fondateurs, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy. Le sens de l’« exigence morale » d’un « retour à la politique » qui « s’impose aux philosophes » aurait gagné en clarté.
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