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En RDC, le pouvoir, l’opposition et la bataille électorale

En RDC, l’élection présidentielle sera-t-elle maintenue ou reportée ? Quelle que soit la décision de Félix Tshisekedi, l’opposition veut voir partir le président en janvier 2024.

C’est une véritable partie de jeu d’échecs qui se déroule actuellement en République démocratique du Congo (RDC). Alors qu’elle n’est pas foncièrement contre un report de l’élection présidentielle, prévue en fin d’année, l’opposition espère à la fois que le scrutin sera déplacé de plusieurs mois mais également que le président sortant Félix Tshisekedi acceptera de quitter son poste fin janvier prochain.

Le président congolais a discuté avec son homologue français Emmanuel Macron de la situation dans l’est de la RDC. Félix Tshisekedi estime que le conflit qui s’y déroule actuellement risque de perturber le calendrier électoral. Le président congolais sait qu’il sera difficile de déplacer ses citoyens dans les bureaux de vote le 20 décembre 2023. Face à Macron, le chef de l’État congolais a avoué : « Jusqu’à ce stade, je ne sais pas comment nous allons nous y prendre ». Avant de se demander s’il faudra « stopper le processus d’enrôlement des électeurs en attendant que la paix revienne ».

On le sait, la politique est un « jeu » de stratèges. Et bien que partisane d’un report — Martin Fayulu a par exemple demandé que tous les camps « se réunissent autour d’une table pour revoir la loi électorale et réexaminer la composition de la Ceni et de la Cour constitutionnelle » —, l’opposition saute sur l’occasion pour dire tout le mal qu’elle pense du président de RDC.

L’article 70 de la Constitution à la rescousse

Le parti Nouvel Elan n’est pas tendre avec le président. Si son fondateur, Adolphe Muzito, également candidat à la présidentielle, estime que « la question est pertinente », il assure que c’est au président Tshisekedi « de donner la réponse » et de prendre ses responsabilités.

Du côté de Moïse Katumbi, on estime que « la situation à l’est du pays ne devrait pas constituer un prétexte pour le président Tshisekedi ». Chérubin Okende Senga, ancien ministre des Transports du président actuel et porte-parole de Katumbi, en profite même pour déplorer le bilan négatif de « Fatshi », qui « avait promis au peuple congolais d’établir son état-major à l’est du pays, pour éradiquer les forces étrangères et toutes les forces négatives ». Or, poursuit-il, « quatre ans après, c’est une incapacité de pouvoir de la part du régime en place de pouvoir restaurer la paix dans cette partie de la République ».

En réalité, l’opposition n’est pas véhémente vis-à-vis de Tshisekedi. On sent en effet qu’un report du scrutin ne serait pour déplaire à personne. Mais de Fayulu à Katumbi, on appuiera sur un seul point de droit d’ici à la fin de l’année : l’article 70 de la Constitution. Ce dernier « dit que le Président de la République est élu pour un mandat de 5 ans et Monsieur Tshisekedi le 23 janvier 2024 à minuit doit partir », résume Martin Fayulu.

L’opposant, qui avait réuni 34,83 % des suffrages en 2018, l’avoue : « Organiser les élections plus tard ou autre chose, ça, ça n’a rien à voir avec le mandat ». « Il voit qu’on surveille de près la Commission nationale électorale indépendante (Ceni) et que sa fraude ne peut pas passer, il veut évoquer le problème de l’insécurité à l’Est pour rester sur son fauteuil », conclut-il.

Les prochains mois s’annoncent compliqués pour Félix Tshisekedi.

Le Journal de l’Afrique

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