Le réalisateur et acteur camerounais Ebenezer Kepombia, plus connu sous le pseudonyme Mitoumba, a fait une déclaration percutante lors du Café Ciné du 17 juillet 2024 à l’Institut Français de Douala. Lors de cet événement, il a annoncé qu’il ne recruterait plus d’acteurs n’ayant pas suivi un cursus scolaire. Cette annonce a rapidement suscité un vif débat au sein de la communauté cinématographique camerounaise.
« Je ne vais plus recruter les acteurs qui ne sont pas allés à l’école, car ils ont très souvent du mal à bien prononcer certains mots, dont ils ignorent même le sens, au point de ne pas bien traduire l’émotion qui va avec. Ceux qui aspirent au métier d’acteur doivent aller à l’école, c’est l’une des bases pour être un bon acteur », a-t-il déclaré.
Cette déclaration a provoqué des réactions variées parmi les participants et les internautes. D’une part, certains ont salué le niveau d’exigence que Mitoumba souhaite instaurer, considérant qu’une meilleure éducation pourrait effectivement améliorer la qualité des performances des acteurs. D’autre part, d’autres voix se sont élevées pour critiquer cette exclusion des acteurs non scolarisés, rappelant que Mitoumba lui-même a contribué à la découverte et à la montée en puissance d’acteurs issus de milieux modestes, parfois sans formation scolaire préalable.
La position de Mitoumba relance un débat crucial sur la nécessité d’une formation plus poussée pour les acteurs camerounais. Si le talent naturel est indéniablement important, une éducation solide peut fournir des outils indispensables pour maîtriser les subtilités de la langue et des émotions, et ainsi enrichir le jeu des acteurs.
L’Avenir du Cinéma Camerounais
Cette exigence pourrait également contribuer à hisser le cinéma camerounais à une échelle plus importante, en augmentant la qualité des productions locales. Toutefois, il sera essentiel de trouver un équilibre pour ne pas écarter les talents bruts qui, bien que non scolarisés, possèdent des compétences et des capacités uniques.
Mitoumba, réalisateur de la série à succès « Madame Monsieur », a déjà prouvé qu’il pouvait transformer des novices en stars à l’écran. Son nouveau critère de sélection pourrait ainsi marquer un tournant dans la professionnalisation et la reconnaissance internationale du cinéma camerounais. En attendant, le débat reste ouvert et continuera sans doute d’animer les discussions dans le milieu cinématographique et au-delà.







