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Dr Euloge Yiagnignî Mfopou: « Imposer le port obligatoire du masque aux Camerounais »

Le médecin cardiologue insiste sur l’adoption de cette mesure pour faire face à la pandémie du coronavirus au Cameroun.

A quoi se résument vos différentes sorties qu’on a lues ici et là, au sujet du coronavirus ?

En tant que médecin, on ne devrait pas être indifférent devant cette pandémie. Chacun devrait puiser dans tous ses sens pour contribuer de façon légale et responsable à juguler cette crise de santé.

En résumé, je dois vous le dire, mes deux sorties ont eu pour but d’abord, de faire savoir aux populations de respecter les mesures prises par le gouvernement du Cameroun et l’Organisation mondiale de la Santé (Oms) ; ensuite, proposer à la population quelques mesures préventives disponibles à tous les camerounais, pour booster l’immunité (défense naturelle) donnant ainsi l’opportunité au corps de combattre le virus.

Il est à noter que près de 90 % de personnes ayant été infectées par le Covid-19 ne développent pas la maladie et ceci dépend du degré de l’immunité de tout un chacun et enfin des mises en garde par rapport à l’automédication a la chloroquine contre le Covid-19.

C’est pour cela que vous avez privilégié la piste du traitement naturel ?

Dans le cadre de cette prévention, il fallait donc proposer des gestes qui peuvent être posés, accessibles à tous les Camerounais pour pouvoir amener le corps à résister à l’infection et à éliminer le virus. Tout d’abord sachons que le virus est constitué d’une protéine appelée ADN recouverte d’une couche protectrice de lipides (graisse).

En faisant une revue de la littérature, nous sommes tombés sur la communication d’un virologue qui indique que le virus, exposé à une température de plus-56°c, est éliminé. La cheffe du Service de virologie du CHU de Caen, Astrid Vabret, rappelle que « l’épidémie de SRAS s’est produite de novembre 2002 à juillet 2003, puis de septembre 2003 à mai 2004, (…) les virus sont tués par les hautes températures, mais on parie là de plus de 56 °C », insiste la virologue.

Alors, avec cette information, nous avons pensé que lorsque le virus séjourne au niveau des voies aériennes supérieures (nez et bouche, gorge) logé dans la très fine muqueuse, si on le soumet à cette haute température par inhalation de la vapeur d’eau chaude, on peut le fragiliser voire l’éliminer par destruction de la couche graisseuse qui l’entoure sous l’effet de la chaleur.

Certes, il n’est pas facile de supporter une haute température, mais on peut y arriver, parce que nous sommes habitués dans notre pays, dans nos traditions, à faire des infusions chaudes lorsque nous avons des affections comme la grippe et même à pratiquer le sauna.

Vous avez insisté sur la consommation du citron en fruit dans de l’eau chaude…

Au fait ceci concerne la stimulation de la défense naturelle du corps puisse que l’impact de la chaleur vous a été déjà expliqué plus haut. Nous savons tous que la vitamine C est un stimulant de l’immunité et augmente donc la capacité du corps à résister aux infections notamment virales.

Cette vitamine C est contenue à forte dose dans le citron ; en plus le citron nature améliore le PH sanguin le rendant plus alcalin augmentant ainsi la résistance du corps aux infections notamment virales.

Le citron est disponible partout. Il y a bien d’autres méthodes, sources médicamenteuses pouvant stimuler l’immunité et même d’autres fruits.

Toutefois, ce qui est plus accessible aux Camerounais, c’est du citron. A ce titre en le consommant, il permet à l’organisme de résister au virus. Je dois vous dire une fois de plus que ce n’est pas tout le monde qui contracte le virus qui développe la maladie.

Près de 90% de personnes qui contractent le virus ne développent pas la maladie. Ce qui signifie que si on a un système immunitaire solide, on pourra contracter le virus, mais sans développer la maladie, et le corps se chargera d’éliminer le virus.

On note une évolution croissante de la pandémie au Cameroun. Ça devient inquiétant…

La situation est préoccupante et non inquiétante. A ce stade où nous sommes, il faut porter les masques ou cache-nez. Le port du masque doit être obligatoire et permanent.

Quand vous sortez, portez le masque. C’est cette méthode qui a sauvé certains pays en limitant l’extension du coronavirus. Il faut assurer aussi une hygiène des mains assez rigoureuse pour limiter l’extension de la maladie.

Nous avons eu des échanges avec des collègues de la Chine, au cours desquels nous leur avons posé la question de savoir comment est-ce qu’ils ont fait pour circonscrire et neutraliser, le Covid-19  il en résulte qu’ils ont appliqué quatre principes : 1- l’hygiène stricte des mains ; 2- le port permanent des masques ; 3 l’exposition à la chaleur car plus il fait chaud, moins le virus se propage et enfin 4- la prise des boissons chaudes avec des substances qùi stimulent l’immunité ou défense naturelle.

Voilà les conclusions de nos échanges avec des collègues en Chine. Maintenant, quand vous êtes malade, les médecins appliquent le protocole proposé par la Pr Raoult ; Et même, d’autres protocoles , sont en expérimentation avec des résultats encore plus encourageants.

Il y a justement cette ruée vers la chloroquine. Y a-t-il déjà un protocole de traitement des malades adopté au Cameroun ?

Après la communication du Pr Raoult en France, qui a démontré que la chloroquine avait un impact direct sur le virus du Covid-19 associé bien-sûr à l’Azithromycine, les autorités françaises ont marqué leur accord à prescrire uniquement dans les cas où les personnes atteintes font déjà la maladie.

Au Cameroun également, le ministre de la Santé publique a validé ce protocole du Pr Raoult. Mais, ce que nous avons constaté, c’est qu’il y a eu une course effrénée à la recherche-de la chloroquine et à l’automédication. Ceci a justifié une communication de ma part, pour dire NON à cette automédication.

Et pourquoi ? Trois raisons ont motivé cela. La première, c’est que tout le monde qui contracte le virus ne développe pas la maladie. Donc, les mesures de prévention et de stimulation naturelle de l’immunité doivent être de mise.

La deuxième raison, La chloroquine ne se prescrit pas à titre préventive et la troisième raison c’est que la chloroquine, administrée à la dose anti-covid-19 peut générer des effets indésirables parfois très sévères (notamment au niveau du cœur avec l’allongement du segment QT et des morts subites etc..) mettant en jeu le pronostic vital du patient.

A ce titre, lorsqu’on doit prescrire ce médicament, on doit surveiller le patient strictement dans un cadre hospitalier. Vous comprenez donc que si on donne l’opportunité aux gens de prendre la chloroquine n’importe comment, c’est un grand risque.

Sans compter qu’on n’est pas sûr de la qualité et sources d’approvisionnement, Donc, il fallait aviser les Camerounais à faire confiance aux médecins, qui doivent prescrire la chloroquine dans un cadre purement hospitalier et sous surveillance.

Au début de cette pandémie au Cameroun, on disait que le port des masques n’était réservé que pour ceux qui font la maladie pour éviter d’infecter les autres et pour le personnel soignant. Comment en est-on arrivé à dire qu’il faut désormais porter le masque systématiquement lorsqu’on sort de chez soi ?

Nous nous sommes tournés vers ceux qui ont connu la Covid-19 en premier lieu, les premiers pays qui ont été touchés. Et on a essayé de chercher à savoir comment ils ont fait pour venir à bout cette pandémie. On a constaté dans ce pays-là, que le port systématique des masques ou des cache-nez était imposé à tous.

La deuxième hypothèse qui peut avoir motivée le ministre de la Santé (Manaouda Ma-lachie, ndlr) à le conseiller fortement, c’est que nous avons des personnes qui ont fait montre des comportements bouleversants dirait-on, en se permettant de refuser ou de sortir du camp de mise en quarantaine pour se fondre au sein de la population saine. Le ministre a bien fait d’insister que tout le monde qui sort de chez lui porte le masque. Ceci doit même être imposé de toutes les façons.

Nous pen.sons que le confinement individuel à travers le port obligatoire du masque doit être imposé aux Camerounais pourrons à coup sûr limiter la propagation de la maladie.

De quels genres de masques est-il question, étant donné qu’il y en a de plusieurs types sur le marché ?

Je dois vous dire que le masque doit avoir la capacité à pouvoir empêcher, le passage du virus, du tissu.ou de la matière vers les voies respiratoires supérieures.

Je m’en réjouis, parce que le ministre de la Santé publique vient de mettre sur pied une équipe qui va faire une descente sur le terrain et vérifier tout ce qui est vendu sur le marché comme masques et gels hydro-alcoolique. Cela permettrait sûrement qu’à l’issue de ce travail qu’il y ait .des propositions et recommandations concrètes.

En attendant et vue la rareté déjà constaté du masque sur le marché tout un chacun peut se faire confectionner un masque en prenant juste des précautions que le masque puisse être confectionné à base du tissu 100% polyester et pas du tout en coton. Par ailleurs, le masque confectionné, doit recouvrir le nez et le menton, en veillant à une ouverture sùr les côtés afin d’éviter l’asphyxie.

Au regard de l’évolution exponentielle des cas au Cameroun ; au regard du niveau de vie des Camerounais, est-ce qu’on peut dans le cadre du confinement individuel à travers le port du masque éviter un confinement général que redoutent les populations ?

Seules les autorités administratives et politiques apprécieront, au regard de l’évolution de la situation par rapport aux résultats des mesures déjà appliquées jusqu’ici.

Pour décider d’un confinement total des populations à la maison, il y a plusieurs paramètres à prendre en compte. Oui, il y a la maladie. Mais, il y a aussi d’autres facteurs et l’expérience vécue par les autres pays qu’il faut prendre en compte pour ne pas créer d’autres crises.

Donc, nous laissons cela à la sagesse des autorités gouvernementales. Pour ma part la situation est très préoccupante et non inquiétante. J’en profite pour dire que des personnes de mauvaise foi ont émis des posts sur whatsapp proposant la prise en charge du Covid-19 avec l’Oms, en me citant comme auteur, avec la mention de mon nom.

Je dénonce cet acte qui abuse de ma notoriété et je demande aux uns et aux autres de faire preuve de vigilance sur tous les posts publiés sur les réseaux sociaux en se rassurant des sources. Nous continuons à œuvrer pour prévenir et traiter le Câvid-19 dans la légalité et la responsabilité.

Source: Le Jour

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