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Douala : un père jette son fils de 47 ans dehors après 14 ans de cohabitation gratuite

À Akwa-Bonamoussadi, un quartier populaire de Douala 1er, une scène surréaliste s’est déroulée mardi 22 juillet : un homme de 64 ans a mis dehors, sous une pluie battante, les affaires de son fils de 47 ans, lassé de ce qu’il qualifie de « vie de parasite ». Lire le récit de Cameroon Tribune.

Excédé par le comportement irresponsable de Tobie E., employé depuis 14 ans d’une société brassicole dont il est désormais cadre, son père a mis ses affaires dehors mardi, sous la pluie.

« Ça ce sont les choses de la honte ». Propos d’un gendarme mardi dernier à Akwa-Bonamoussadi (arrondissement de Douala 1er), après l’audition d’un père de famille, Dominique Roger L., 64 ans, dont le fils Tobie E., 47 ans, est celui qui a fait venir les pandores. Une affaire de linge sale rendue publique.

D’après les auditions, quand Dominique Roger L. trouve du travail à son fils il y a 14 ans, il lui conseille de rester encore trois ans dans la demeure familiale, d’économiser assez pour prendre ensuite un bon logement. Puis, sur cette lancée, de prendre femme et de songer à construire sa propre maison.

La mère, Marguerite L., estime qu’il lui faut plutôt six ans de préparation avant son départ du nid familial. Et souhaite qu’il saute même l’étape de la location. Le père est d’accord. Tobie E. est exempté de la moindre charge : outre la maison, il ne paie ni eau, ni électricité, ni nourriture. Sauf que le concerné est dans un tout autre film.

Les six années sont passées, Tobie E. n’a pas bougé. Huit ans plus tard, rien n’a changé. Il ne quitte généralement la maison qu’après avoir touché son salaire. Là, le bonhomme « joue » la vie à fond, disparaît parfois une semaine avant de se pointer à nouveau chez papa et maman.

Le reste du temps, il s’intéresse à la cuisine de sa mère, ou demande à son cadet, employé d’une cimenterie, de le déposer au boulot – après avoir abîmé deux véhicules de service, Tobie E. est désormais un cadre « piéton ». Tobie E. est par ailleurs père d’une fille de cinq ans qui ne vit pas avec lui…

Des réunions de famille se sont tenues, avec pour but de sensibiliser et de faire changer Tobie E. Peine perdue. Il est même arrivé que lors de l’une de ses assises, le concerné, un peu éméché, lâche quelques injures.

Vendredi dernier, Tobie E. a obtenu ses congés annuels. Il a fêté ça en brave disciple de Bacchus et passé le week-end dehors. Rentré dimanche à Bonamoussadi, il se fait admonester par sa mère. Le fêtard répond par une engueulade bien sentie, qu’il étend d’ailleurs à son géniteur. Tobie est tellement fâché qu’il ressort aussitôt.

Mardi, Dominique Roger L. a estimé que c’en était assez. Qu’il était plus que temps de pousser cet « oisillon » réfractaire hors du nid. Tobie E. n’est pas là, certes, mais ses affaires sont mises à la rue. Sous la pluie.

C’est un prénommé Constant, camarade du primaire et « ami » de boisson de notre cadre qui l’appellera pour l’informer de la situation. Outre la gendarmerie, Tobie E. est arrivé avec un secouriste.  Finalement, il a emporté ses effets mouillés pour une destination inconnue.

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