Martine D., barmaid, a jusqu’à ce lundi pour retrouver le document mis en gage le 29 septembre par Georges E., pour des boissons consommées à crédit et payées le lendemain. Lire le récit de Cameroon Tribune.
La gendarmerie a embarqué, le 30 septembre dernier, une tenancière de bar et son client. Les faits, survenus au quartier Nkololoun, dans l’arrondissement de Douala II, mettent aux prises Martine D., 35 ans, barmaid, et Georges E., 48 ans, camionneur pour le compte d’une société d’import-export, et fervent amateur de bière. Une « qualité » de zythophile qui en a fait un client régulier de Martine.
Habituellement, l’homme buvait et payait, à en croire les auditions. Le mardi 29 septembre dernier, Georges s’est pointé avec un ami, la gorge aussi sèche que le porte-monnaie. Il a bu et fait boire, sans pouvoir régler l’addition. Quatre bières pour lui, deux pour son invité. Martine a eu des mots, évoquant les clients insolvables qui rendent l’option du crédit désormais périlleuse.
Le chauffeur de poids lourds n’a pas dû apprécier d’être ainsi pris à la légère, et a dégainé son permis, mis en gage. « Je viens te donner ton argent demain, garde bien mon permis ! », a-t-il déclaré. Et l’homme a tenu parole. Ce mercredi 30 septembre, il s’est repointé au bar de Nkololoun autour de 17h, avec plus d’aisance financière que la veille. Au comptoir, Georges E. tend un billet de 10.000 F à la barmaid, pour paiement des six bières bues à crédit, en commande une autre, puis demande son permis. Martine encaisse, sert, puis se met à fouiller le document. C’est là que commencent les problèmes.
La barmaid a beau chercher, elle ne retrouve pas le permis en question. Le soir tombe, mais pas l’inquiétude. Le permis poids lourd de Georges E. semble s’être envolé. Finalement l’homme hausse le ton : « Si tu ne trouves pas mon permis, tu ne vends plus ! », menace-t-il. La tenancière appelle son patron, qui, lui, saisira la gendarmerie.
Le bar a été fermé plus tôt que d’habitude, et les deux protagonistes conduits à l’unité, sise à New Bell. Il a été donné à Martine jusqu’à ce lundi 5 octobre pour retrouver le permis. Georges doit prendre la route demain mardi. Les gendarmes lui ont néanmoins fait le reproche d’avoir mis « un diplôme pareil en gage pour de la bière ! ».

