John N., 49 ans, réputé voyant et guérisseur, n’a pas retrouvé la bête apportée à sa demande samedi par la famille dont il devait soigner un membre.
Par Cameroon Tribune
John N., 49 ans, est également connu sous le surnom de « Power Man » dans le secteur du quartier Dakar (arrondissement de Douala III) où il est installé. L’homme se présente comme guérisseur et prétend en outre avoir des capacités en voyance. Il n’a pourtant rien vu venir de sa mésaventure de samedi dernier. Une histoire pour laquelle la gendarmerie a été saisie.
Contacté il y a une huitaine de jours pour un « cas », le concerné a reçu la famille du patient et établi une liste pour le nécessaire de traitement. Entre autres choses, de l’huile rouge (quantité non précisée), deux sacs de sel, un sac de riz, deux machettes, du tissu blanc… En bonne place dans la liste, une chèvre. Il était question que ces « ingrédients » lui soient apportés le samedi suivant, 25 avril 2026, et que l’opération débute en soirée le même jour.
« Power Man » a tout reçu à domicile, à la date dite. S’il a gardé le gros des choses demandées à l’intérieur, notre voyant-traitant a laissé la chèvre dehors. Attachée, néanmoins (peut-être pour qu’elle puisse brouter). Autour de 15 h 30, il va se coucher, question de prendre des forces en vue du travail prévu plus tard. Un petit somme de deux heures, le revoilà frais et dispos. C’est en lançant ses préparatifs qu’il constate que la chèvre a disparu. Il ne la voit nulle part, se renseigne dans le voisinage en vain, et est obligé de reconnaître qu’il a un problème.
À tout hasard, il appelle un membre de la famille de son patient et demande si, pour une raison ou une autre, l’un d’entre eux est revenu reprendre le caprin. La réponse est non. Il s’entend plutôt dire qu’une délégation s’amène avec le patient, selon ce qu’il avait lui-même prescrit. La nuit tombe déjà quand « Power Man » reçoit ses clients, lesquels relèvent que la chèvre a effectivement disparu. Le traitant leur demande s’il peut en avoir une autre. La réponse est encore non (des fois qu’il les prendrait pour des moutons…).
L’un des visiteurs appelle la gendarmerie et la pression est mise sur un « Power Man » impuissant. La famille a exigé que son malade soit traité, sans qu’il soit question d’une quelconque chèvre supplémentaire. L’évolution de cet aspect de l’affaire n’a pas été révélée.
En revanche, CT a appris que des jeunes du quartier se sont moqués de John N., lui faisant savoir qu’il y a des voleurs intrépides parmi eux et le mettant au défi d’utiliser sa « vision » pour découvrir les auteurs de ce larcin de caprin.

