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Douala : accusé de « vol de sexe », un homme échappe de justesse à un lynchage collectif à PK9

Un homme a été violemment pris à partie par des riverains lundi 28 juillet 2025 à Douala, au quartier PK9, suite à une accusation insolite de « vol de sexe » portée contre lui après une simple poignée de main. Grâce à l’intervention rapide de la gendarmerie de Sodiko, l’individu a pu être extrait d’une foule déchaînée et conduit en soins d’urgence. Lire le récit de Cameroon Tribune.

Un homme a été battu par des populations lundi, après qu’une connaissance qu’il venait de saluer a crié à la disparition de son membre viril, suite à leur poignée de main.

Des gendarmes du poste de Sodiko à Pk 13 (arrondissement de Douala III) ont eu fort à faire pour sauver un individu d’une foule en colère ce lundi 28 juillet à Pk 9, lieudit « Montée Njoh Thomas ». L’intéressé était tabassé suite à une accusation de vol de sexe.

Tout commence quelques instants plus tôt. Laurent et Sébastien, deux trentenaires, discutent en marchant d’un job à effectuer la semaine prochaine. Dans leur déambulation, ils croisent un tiers, qui connaît Sébastien, et qui le salue, main tendue.

Une brève conversation est même engagée. Sébastien dira plus tard que quand le concerné s’est éloigné, il a ressenti comme un frisson au bas-ventre. « Il vient de prendre mon sexe ! », va-t-il aussitôt crier, aussi bien à l’endroit de Laurent qu’à la cantonade.

Sébastien crie une deuxième puis une troisième fois, sans vraiment susciter de réaction. Il lance alors : « Au voleur ! ». Là, des habitants du coin sortent. Munis pour certains de gourdins.

L’homme qui était en train de s’éloigner est pointé du doigt par sa « victime » présumée et aussitôt pris à partie. Il n’a pas le temps de parler. D’ailleurs, aucune question ne lui est posée. Sous la pluie de coups, il peut juste crier de douleur.

Pendant ce temps, Sébastien crie aussi. Ou pleure, plus précisément. Après environ cinq minutes de passage à tabac, quelques personnes lui demandent ce qu’on lui a volé exactement. Quand il répond : « Mon sexe ! », la bastonnade reprend de plus belle.

C’est un habitant du coin, Thomas, la soixantaine, qui saisira la gendarmerie. Après un relatif retour au calme, le prénommé Thomas demande que la femme de Sébastien soit appelée, pour une vérification à chaud du vol allégué.

La dame arrive, palpe la zone concernée à travers le pantalon de son époux, et déclare qu’il y manque effectivement quelque chose. « Ce n’est plus là ! », se lamente-t-elle. À une personne qui lui demande si elle en est sûre, la femme confirme : « C’est mon mari, non ?! », répond-elle en pleurant de plus belle, au point de se rouler par terre. Sébastien et la personne battue par la foule sont ensuite conduits dans une clinique sise à Douala V.

L’accusé bastonné est admis en soins d’urgence. Pour Sébastien, un médecin sollicite une infirmière pour des tests… Préposée à la tâche, une dame bien de sa personne, de belle allure et de teint clair.

Elle prend l’affaire en main et après quelques palpations fait revenir à la vie ce qui était déclaré mort. Le redressement est si spectaculaire que la dame lâche l’affaire en sursautant. « Voici ça qui est revenu ! », crie Sébastien, comme transporté d’allégresse. « C’était d’abord où ? Laisse ça ! », réplique l’infirmière d’un ton réprobateur.

Le médecin dira que certaines situations de stress ou d’abattement peuvent entraîner un rétrécissement de la verge. Mais pour certains badauds ayant suivi l’affaire jusqu’à la clinique, c’est parce que l’inconnu a été tabassé qu’il a « remis ça ». Après les soins l’intéressé a été conduit à la gendarmerie pour besoin d’enquête.

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