Pour légitimer sa croisade contre MTN Cameroon et Chococam, deux filiales locales de multinationales sud-africaines, auprès de la justice, des autorités et de l’opinion publiques camerounaises, le milliardaire camerounais Baba Danpullo prétend que tout son patrimoine immobilier en Afrique du Sud, d’une valeur de plus de 200 milliards de FCFA, a été spolié sans raison par son banquier.
Mais, à la lecture de sa propre déposition, faite le 9 mars 2021 devant la Haute Cour du Cap, on se rend compte que l’histoire a été volontairement dramatisée pour ne pas dire plus. Circonstances des saisies, valeurs des hypothèques et du patrimoine… Zoom sur les contradictions des différentes versions du camp Danpullo sur ses mésaventures au pays de Nelson Mandela.
L’histoire des déboires de Baba Danpullo en Afrique du Sud est différente selon qu’on écoute ses avocats, ses proches ou qu’on lise sa déposition faite sous serment, le 9 mars 2021, devant la Haute Cour du Cap en charge de l’affaire qui oppose sa holding Bestinver à son banquier First National Bank (FNB).
« Il n’y a pas eu un problème de remboursement, mais plutôt la résiliation unilatérale et anticipée de son contrat de prêt, suivie de l’exigibilité immédiate du crédit », soutient Me Aggée Mbanzehe, membre du pool des avocats du milliardaire camerounais, dans une interview publiée par le journal EcoMatin, édition du 19 juin 2023.
Baba Danpullo : « Je suis disposé, à titre personnel, à régler les arriérés d’environ 150 millions de rands dus par le premier défendeur (Bestinver Company South Africa) »
Pourtant, dans sa déposition devant la Haute Cour du Cap, l’homme d’affaires reconnaît des impayés d’environ 150 millions de rands, soit 6 milliards de FCFA (les conversions se font sur la base d’un rand pour 40 FCFA, taux pratiqué par le camp Danpullo).
« Je suis disposé, à titre personnel, à régler les arriérés d’environ 150 millions de rands dus par le premier défendeur (Bestinver Company South Africa). Si cette proposition est acceptable pour le deuxième défendeur (FirstRand Bank, maison mère de FNB), je m’engage en outre à continuer à payer les mensualités, d’un montant de 10 millions de rands, au deuxième défendeur », peut-on lire dans le document. Les impayés ainsi reconnus par Danpullo représentent 15 mensualités.
Dans l’entourage du milliardaire camerounais, ceux qui admettent des problèmes de remboursement les situent pendant la période du Covid-19. Les déclarations de l’ancien camionneur étant intervenues un an après le déclenchement de la pandémie en Afrique du Sud en mars 2020, il est possible que les impayés accumulés concernent aussi la période où sévissait le coronavirus. Sauf que le récit du magnat du thé devant la justice sud-africaine montre que les difficultés ont commencé bien avant la pandémie.
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