Les négociations avec la direction étaient à peine terminées que la décision a été prise. Ce vendredi 28 avril, les salariés de la résidence La Chesnaye à Suresnes (Hauts-de-Seine) sont en grève. « Les soignants sont dans un état préoccupant », mesure Malika Belarbi, responsable du suivi des Ehpad à la CGT santé.
Preuve en est ce mercredi, les agents de l’Ehpad public défilent dans le bureau syndical pour témoigner. « Il suffit de regarder la propreté à l’entrée de l’établissement pour comprendre l’état de nos locaux », insiste Diane, 45 ans. Et le soignant d’ajouter : Une femme de ménage a pris sa retraite et n’a pas été remplacée, voilà les effets concrets des politiques de réduction des coûts. »
Face à une inflation galopante, les bas salaires sont souvent le déclencheur
Ces dernières semaines, dans l’élan de contestation contre la réforme des retraites, les grèves dans les Ehpad se sont multipliées. Face à l’inflation galopante, les bas salaires sont souvent des déclencheurs de contestation.
Depuis lundi, dans les Deux-Sèvres, les salariés de l’établissement des Jardins du château d’Aiffres se sont lancés dans un mouvement reconductible. Outre le recrutement d’une aide-soignante et de deux infirmières sur des postes vacants depuis mars, la section CGT des Ehpad réclame une augmentation de salaire allant de 5 à 10 %. Des mouvements similaires ont eu lieu en Isère, en Ardèche, dans les Alpes-de-Haute-Provence ou encore au Mans, dans la Sarthe.
1 800 euros net, après dix ans d’ancienneté
Dans l’établissement des Hauts-de-Seine, la plupart des agents, fonctionnaires, ont vu leurs salaires gelés au point d’indice pendant dix ans. Le dégel de 3,5 % cet été ne leur permet pas de rattraper leur retard. Diane perçoit 1 800 euros nets, majorés, après dix ans d’ancienneté :« La fin du mois est dure, tout a augmenté, déplore le soignant . Avec deux enfants à charge, le 15 du mois nous n’avons presque plus rien. »
Les fins de mois sont dures, tout a augmenté. Avec deux enfants à charge, le 15 du mois nous n’avons presque plus rien. » Diane, soignante
A ses côtés, Marie faisait ses comptes. En devenant aide-soignante en gérontologie, la direction de son Ehpad l’a informée que la prime vieillesse (118 euros bruts) qu’elle percevait serait remplacée par celle des soins en gérontologie (90 euros bruts). « Sur un an, cela fait 336 euros perdus. Avec ça, je peux payer l’électricité »se lamente-t-elle, obligée de calculer chacune de ses dépenses.
Travailler jusqu’à 67 ans
Pourtant, la question des retraites n’est pas secondaire chez les agents de cet Ehpad. L’action de grève de ce vendredi s’inscrit dans le cadre de la journée d’action du 28 avril dans le secteur de la santé, qui, avec celle du 20 avril, constituent les deux repères mis en avant par la CGT, d’ici le 1er mai. Arrivée du Cameroun à 40…

