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Covid-19: Douala adopte un plan de riposte de 4 milliards de FCfa

Face  au Coronavirus, la ville de Douala a adopté un plan de riposte dont le financement s’élève à près de 4 milliards de FCfa supporté aussi bien par les caisses de la mairie que par l’appui des partenaires au développement. Dr Gérémie Solle, 1er adjoint au maire de Douala, par ailleurs médecin biologiste en présente les contours.

Depuis le mois de mars dernier, la pandémie à COVID-19 a fait son entrée au Cameroun. Votre ville n’a pas été épargnée. Comment s’organise la riposte au niveau de la mairie de Douala ?

D’abord nous sommes un nouvel exécutif. Nous arrivons à la mairie et nous sommes comme aspiré par le Coronavirus, cette pandémie mondiale qui est rentrée dans notre pays au début du mois de mars. C’est une épidémie, une guerre.

Et quand on va en guerre, on a un plan. En concertation avec les six mairies d’arrondissement, nous avons élaboré un plan d’action cohérent articulé autour de la communication (389 480 976 FCFA) ; l’opérationnalisation des communes d’arrondissement (2 440 262 500 FCFA) parce qu’il faut leur donner la capacité d’agir en tant qu’unité opérationnelle ; la fourniture de la logistique et la formation (130 000 000 FCFA) ; la mobilisation des partenaires stratégiques au rang desquels l’UNI-CEF.

Ce plan d’action de la ville vise un double objectif à savoir : casser la chaîne de transmission du Coronavirus afin de préserver au maximum nos concitoyens et garantir la continuité de l’activité économique de la ville.

Nous devons tout faire parce qu’on sera à un moment tous contaminé, qu’on ne bascule pas à la grande maladie, que le moins possible de gens passent à la mort. Donc, la mairie en tant qu’entité décentralisée, se positionne ici comme celui qui conçoit le plan et mobilise les forces vives. Le ministère de la Santé publique a des centres de traitement. Mais on s’est dit qu’il faut soutenir nos petits hôpitaux de district.

Peut-on avoir des précisions au sujet des axes de la riposte ?

Nous avons des axes d’actions très précis qui sont là pour amplifier les mesures barrières que l’Etat a prescrit. Premièrement, la sensibilisation. Il fallait que dans les mairies d’arrondissement, nous puissions mobiliser les pairs éducateurs, les relais communautaires et des jeunes pour aller d’une manière active sensibiliser, mener des actions d’assainissement et aider le ministère de la Santé à casser les contacts.

En décidant ainsi, nous nous sommes rendus compte qu’il fallait 500 d’entre ces enfants. On les a formés, la mairie de la ville a équipé et ils sont allés dans leur arrondissement. Chaque fois qu’ils ont travaillé, il y a une rémunération. Nous nous sommes associés aux équipes venues de l’UNICEF et à celles de la Croix rouge, ce qui fait environ 1500 jeunes sur le terrain.

Le deuxième qxe consiste à amplifier le lavage des mains L’objectif est de faire en sorte que dans tous les coins, il y ait la possibilité de laver les mains à l’eau et au savon et que cette habitude reste. Vous le savez, on est en train de gérer le Coronavirus mais Douala est une ville aussi qui connaît le choléra.

Et on est en train d’approcher dans la période. Dans cet axe bien précis, nous avons dans un premier temps fait des petits lave-mains (seau et savon) qu’on a placé dans toutes les administrations publiques, etc. Les mairies d’arrondissement ont pris le relais. Je crois qu’actuellement, avec l’action de tous, nous en avons environ 60 000 petits lave-mains sur le terrain. Et la grande action maintenant, c’est ce que nous avons appelé les lave mains géants.

De quoi s’agit-il ?

Ce sont des cubitenaires qu’on a fait fabriquer pour les placer aux endroits les plus touffus de la ville (les marchés, les grands carrefours…) et il faut qu’ils soient en fonctionnement permanent avec de l’eau et savon tel que tous les passants puissent se laver les mains. Nous avons fait nos plans en regardant la topographie de la ville. Et il nous faut au minimum 200 lave-mains géants.

C’est dans cette mouvance qu’on s’est tourné vers les partenaires et l’UNICEf a répondu en fournissant 70 de ces lave-mains. Un spécimen a déjà été installé à Bonabéri. Parce que nous ne voulons pas que ces lave-mains soient vandalisés ou quittent la rue dès la fin de l’épidémie, on a discuté avec les logisticiens. Il y a des petites modifications à faire pour le ramener à ce standard. Ils sont en train de les faire.

D’ici la fin de la semaine, tout sera disponible. Camwater a accepté de nous accompagner dans cette opération. Aussi les lave-mains sont situés dans les points où, on est capable de (es raccorder au réseau de l’eau potable.

Us ont un flotteur, quand c’est plein, ils coupent l’approvisionnement. La Camwater s’est aussi engagé au cas où le lave-mains serait placé où le réseau est indisponible qu’il le remplisse avec des camions citernes.

L’UNICEF nous a demandé d’une manière formelle à participer au remplissage de ces cubitenaires pendant trois mois. Mais aussi dans le sens de pérenniser l’activité. Nous avons sollicité le laboratoire de l’IUT à l’université qui nous offrait les prix les plus bas pour de centaines de litres des gels hydro-alcoolique.

Sur le terrain, la population tout en appréciant ce qui est fait, souhaite avoir des masques dont le port est désormais obligatoire…

Ce volet constitue le troisième axe de notre riposte. L’objectif de la communauté est de fournir 3 millions de masques à distribuer gratuitement pour être sûr que chaque citoyen de la ville de Douala a au moins un masque. A travers les mairies d’arrondissement, nous avons passé les commandes auprès des artisans locaux. On aurait pu prendre une structure industrielle, mais nous voulons que les artisans survivent après cette épidémie.

Ces masques répondront aux normes édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et (’Agence des normes et de la qualité (Anor). L’Unicéf d’accord avec notre vision de faire travailler les artisans locaux, a décidé de nous aider à obtenir 100000 masques. La distribution est décentralisée et se fera à travers les communes d’arrondissement.

Qu’en est-il de la prise en charge post-mortem ?

Hélas, certains d’entre nous meurent ! Nous sommes aussi obligés de faire le traitement post mortem. Nous avons fait un protocole qui part du district jusqu’à l’enterrement. Par exemple, nous à la communauté urbaine, nous avons dégagé un espace de 460 m2 au cimetière des Bois de singes, nous avons des fossoyeurs que nous formons qui sont à disposition pour pouvoir enterrer dignement.

Nous avons même déclenché dans notre atelier bois, la fabrication d’un certain nombre de cercueils. On ne veut pas en fabriquer beaucoup parce qu’on ne souhaite pas que les gens meurent, mais nous voulons que les cercueils soient disponibles car les morts en épidémie doivent être enterrés tout de suite, or la famille ne s’attendaient pas toujours à ça. Evidemment, ce plan est organisé.

Nous avons un comité de riposte qui siège à la mairie pour évaluer les activités menées par les mairies d’arrondissement. On désinfecte les marchés toutes les semaines, on a même réglé le flux. C’est-à-dire que toutes les boutiques n’ouvrent plus en même temps. On a interdit les deuils sur les trottoirs…

Source: Le Messager

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