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Coronavirus : le silence effrayant de Paul Biya

Trois semaines après la confirmation du premier cas de coronavirus au Cameroun, mais surtout trois mois et plus de 20 000 décès après le début de cette catastrophe humanitaire mondiale, Paul Biya, le président de la République du Cameroun, n’a toujours pas fait entendre sa voix. Ce qui est un cas quasiment unique sur la’planète dont pratiquement tous les chefs d’État ont pris la parole pour s’adresser à leur population menacée par un énorme danger.

Au Cameroun, il y a eu des sorties de divers ministres (Santé publique, Recherche scientifique et technique, etc.) et même celle du chef du gouvernement. Le 18 mars dernier en effet, Joseph Dion Ngute a annoncé les-13 mesures prises par le Cameroun pour limiter la propagation du Covid-19. Certaines d’entre elles étaient des mesures présidentielles.

Ailleurs aussi, ministres et Premiers ministres ont pris la parole, mais celle la plus déterminante à été celle du chef. Pour n’évoquer que nos voisins, au Gabon, Ali Bongo a tenu déjà deux discours depuis le déclenchement de la crise. En Guinée équatoriale, le président Obiang Nguema a tiré lors d’un dis-’ cours le 17 mars la sonnette d’alarme sur les dangers de la pandémie. Un peu plus tôt, avant même que son pays ne soit touché par le coronavirus, Obiang Nguema avait offert une aide de 1,8 millions d’euros à la Chine, le premier foyer de la maladie.

Le 24 mars, le président équato-guineen, en compagonie de son épouse, s’est à nouveau prononcé sur la pandémie. Un peu plus loin, les chefs d’État rwandais, ivoirien, sénégalais, etc. se sont fait entendre sur le coronavirus

Mais où donc est passé notre président ? Il a fait des tweets. Tout simplement ridicule pour une affaire aussi grave. La situation est alarmante, le maximum de Camerounais doit être sensibilisé et le chef de l’État choisit le canal qui va toucher le moins de personnes possibles. D’autres autorités se sont exprimées ? Oui. Mais leur parole a-t-elle le même poids que celle du chef de l’État ? Certainement pas. Et la légèreté avec laquelle la menace est prise par certaines personnes aujourd’hui encore, pourrait découler de ce silence présidentiel.

D’autres diront que Paul Biya n’a jamais été particulièrement bavard. Mais il a bien fait des sorties en dehors des traditionnels discours du 31 décembre et du 10 février. Lors des émeutes de février 2008 ou encore en xxx dans le cadré de la crise anglophone. Chaque fois il semblait craindre pour son pouvoir.

Mais cette fois, il y va d’une menace qui pèse sur l’ensemble des Camerounais. Aucun d’entre eux n’est à l’abri d’un virus qui pourrait l’emporter en quelques jours seulement. Et pourtant il se tait. M. le président, les Camerounais veulent vous entendre. Dites-leur quelque chose. Parlez !

Source : Le Jour

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