L’économiste et analyste politique Dieudonné Essomba a adressé une sévère mise en garde à Maurice Kamto et à ses partisans, les exhortant à faire preuve de retenue et de prudence dans leur réaction face au rejet de la candidature du candidat du MANIDEM par le Conseil constitutionnel.
Dans une tribune publiée ce week-end, Essomba souligne le rôle souvent déterminant du comportement du justiciable dans l’appréciation des juges. Il rappelle que, dans tous les tribunaux du monde, « la modestie, le calme et l’intelligence » peuvent jouer en faveur d’un accusé, là où l’arrogance ou la provocation peuvent lui être fatales.
« REPUTATION ET COMPORTEMENT DEVANT LA BARRE : LE CAS KAMTO.
Point n’est besoin d’être avocat, magistrat ou enseignant du droit pour constater que dans tous les tribunaux du monde, la renommée du justiciable et son comportement devant la barre jouent un rôle important, souvent décisif, sur le verdict du juge.
Très souvent d’ailleurs, le verdict s’accompagne de commentaires sur le comportement devant le tribunal qui justifie l’aggravation ou l’allégement de la peine.
Bien plus, de parfaits innocents ont été condamnés, simplement parce que leur comportement arrogant et provocateur a indisposé les juges à leur égard, alors que de vrais criminels ont pu s’en sortir pour avoir fait preuve d’intelligence et de modestie.
Kamto qui est en même temps enseignant ddroitit dans leuniversitésés eavocat international,al est particulièrement bien placé pour le savoir, mieux que moi en tout cas.
Kamto sait bien que pour susciter la sympathie du juge, il faut être modeste, calme, précis, et présenter sa cause de manière intelligible.
Il faut faire profil bas, éviter de donner l’impression qu’on est supérieur au juge par sa connaissance, son expérience ou sa richesse. Les juges n’aiment pas ça ! Ils aiment les gens qui suscitent leur sympathie par un comportement et une tenue exemplaires.
Et Kamto sait pertinemment que si vous vous avisez à humilier un juge qui tient votre dossier, vous êtes un homme mort.
Tout cela pour dire quoi ? Pour dire que Kamto, qui a déposé son recours au Conseil constitutionnel afin de sauver sa candidature, n’a aucun intérêt à s’aliéner les membres du Conseil constitutionnel, qui est présidé par le redoutable Clément Atangana, un vieux magistrat blanchi sous le harnais, retors et très rusé, et surtout, intraitable avec les polissons.
Kamto doit donc empêcher ses ouailles qui le prennent pour un Messie d’énerver les membres du Conseil constitutionnel. Ces ouailles ont engagé une campagne de pression sur les juges, à travers laquelle on retrouve :
- des pressions politiques, lorsqu’ils appellent le personnel politique et notamment les autres opposants à condamner unanimement ELECAM pour le rejet pourtant motivé de la candidature de Kamto
– des menaces physiques sur les membres des familles de diverses autorités, dont ils citent les noms, la filiation et la localisation, dans une logique purement mafieuse de l’intimidation parallèle
– des annonces violentes que le vote n’aura pas lieu si Kamto n’est pas réhabilité.
Bref, toutes les provocations dont le seul intérêt est d’indisposer le Conseil constitutionnel et de le rendre intransigeant, voire impitoyable vis-à-vis de la candidature de Kamto.
Je recommande à Kamto de mettre fin à cette sinistre comédie qui ne peut rien lui apporter de bon. Mes confrontations avec ses partisans m’ont enseigné que c’est lui qui, en sous-mains, pilote les idiotes stratégies de ce mouvement, tout en se réfugiant hypocritement derrière la liberté de ses partisans, ou même de prétendus ennemis qui voudraient dégrader son image.
Je voudrais sincèrement que Kamto participe aux prochaines élections présidentielles, et je sollicite la grande indulgence des juges du Conseil constitutionnel.
Mais je rappelle que cela n’est possible que si Kamto se soumet et arrête ses puérileprovocations. » ».
Dieudonné ESSOMBA







