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Comment la CAN pourrait aboutir à un remaniement ministériel

La Coupe d’Afrique des nations influera-t-elle sur l’avenir de certains ministres ? Plusieurs d’entre eux s’activent en tout cas pour conserver leur poste, un remaniement étant à craindre sitôt la compétition achevée.

À la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh scrute toutes les informations sur la CAN, qui s’est ouverte le 9 janvier à Yaoundé. Depuis plusieurs mois, le ministre d’État, secrétaire général de la présidence (SGPR), n’a eu de cesse de se présenter comme le grand artisan de cette compétition, à travers la task-force qu’il a constituée au palais.

Le 9 janvier, alors que le Sud-Africain Patrick Motsepe, patron de la Confédération africaine de football (CAF), prenait la parole peu avant la cérémonie d’ouverture, ses remerciements à Ferdinand Ngoh Ngoh ont ainsi été très remarqués. Le milliardaire d’Afrique du Sud n’a en revanche pas mentionné le ministère des Sports camerounais ou le nouveau président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o.

Selon nos informations, Ferdinand Ngoh Ngoh redouterait cependant qu’être ainsi lié à la CAN ne se retourne contre lui avec le remaniement qui s’annonce après la compétition. Le secrétaire général de la présidence – qui a même effectué fin 2021 une grande tournée des stades aux côtés d’anciens joueurs camerounais et de journalistes – sait que chaque couac constaté sur le front footballistique pourrait lui être imputé.

Paul Biya laisse planer le doute

Ferdinand Ngoh Ngoh étant par ailleurs cité dans plusieurs affaires (concernant notamment le port autonome de Douala ou encore un scandale immobilier à Yaoundé), l’éventualité de le voir quitter le poste qu’il occupe depuis 2011 est ouvertement évoquée. Ce diplomate de formation, qui ne manque pas de soutien du côté de l’influente première dame, Chantal Biya, pourrait, selon certaines indiscrétions, rebondir dans un poste gouvernemental en dehors de la présidence.

S’il n’est pas certain qu’un remaniement aura bien lieu – Paul Biya laissant planer le doute sur l’avenir de ses ministres –, d’autres membres du gouvernement éprouvent la même crainte. Le ministre des Arts et de la Culture, Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ex-titulaire des Sports proche de Ngoh Ngoh, est en effet l’organisateur officiel de la cérémonie d’ouverture, laquelle avait pour mission de mettre le plus possible en valeur le chef de l’État.

C’est notamment lui qui est à l’origine de la commande de 38 000 billets destinés aux militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir) pour le premier match du Cameroun. La prestation du 9 janvier était particulièrement suivie par le directeur du cabinet civil du président, Samuel Mvondo Ayolo, mais aussi par le propre fils de Paul Biya, Franck Biya, présent dans la tribune au côté de son père.

Inquiétudes au ministère de la Santé

Autre ministre jouant gros : Malachie Manaouda, détenteur du portefeuille de la Santé. Si les protocoles sanitaires ont été négociés entre la CAF et la task-force de Ferdinand Ngoh Ngoh, c’est bien son ministère qui est chargé de l’application des mesures contre le Covid-19. Se sachant observé, Yaoundé met un point d’honneur à ne pas voir s’envoler le nombre de cas de contaminations dans les hôtels, stades et autres « fan zones ».

Alors que chaque spectateur doit produire un test PCR ou antigénique négatif (en plus d’être vacciné), les services de Malachie Manaouda s’inquiètent des dysfonctionnements constatés sur Mamal Pro, la plateforme numérique mise en place par le ministère censée centraliser les données médicales des supporteurs. Le ministre craint de se voir reprocher le peu d’affluence constaté dans les stades accueillant la compétition – excepté à l’occasion des rencontres des Lions indomptables.

Depuis plusieurs mois, Malachie Manaouda fait en outre l’objet de suspicions dans l’affaire « des fonds Covid ». Un audit de la Chambre des comptes de la Cour suprême a en effet mis au jour des fautes dans la gestion de plusieurs milliards de francs CFA consacrés à la lutte contre la pandémie. Cette affaire, qui pourrait déboucher sur des procédures judiciaires, est suivie de près au palais d’Etoudi, dans l’optique, cette fois encore, d’un futur remaniement.

Jeune Afrique

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