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CAN 2022 – Lucien Mettomo : « il faut avoir du respect pour les Comores »

Après un premier tour sérieux, l’équipe du Cameroun entre dans une nouvelle phase de la CAN 2022 lundi 24 janvier avec ce match des huitièmes de finale contre les Comores, au stade d’Olembé. Double champion d’Afrique (2000 et 2002), Lucien Mettomo se penche sur le parcours des Lions indomptables et les pièges à éviter.

RFI : Les Lions indomptables ont glané deux victoires et un match nul au premier tour, et Vincent Aboubakar a inscrit cinq buts. Comment jugez-vous le premier tour du Cameroun ?

Lucien Mettomo : Ils ont rempli leur contrat. Ils se sont qualifiés et ils ont marqué beaucoup de buts. Après, je pense que ça a été un tout petit peu poussif, mais ils ont su se rattraper. C’est un début de compétition plus que satisfaisant. Quand je dis poussif, c’est qu’il n’est jamais évident de jouer un match d’ouverture en tant que pays-organisateur et en présence du président de la République (Cameroun-Burkina Faso le 9 janvier). Les Lions indomptables ont pris des buts (un par match) et ils ont dû cravacher pour égaliser et gagner. Mais dans l’ensemble, le contrat est rempli.

On a vu quelques soucis en défense, quelques erreurs individuelles, des ouvertures du score concédées. Ça peut être un problème pour la suite ?

Ça m’inquiète un peu de voir que l’on a encaissé le premier but sur deux matches au premier tour. En plus, nous avons cédé pratiquement sur les mêmes phases de jeu ou sur le même type d’action. J’espère que le coach et le staff ont observé ça et apporteront une réponse claire, nette et précise. Je préfère que nous menions au score et que les adversaires fournissent le double d’efforts pour nous rattraper, plutôt que nous ayons à courir après le score.

Lundi 24 septembre, le Cameroun affronte les Comores en huitièmes de finale. A priori, il s’agit d’un adversaire moins fort. Mais peut-on vraiment avoir encore ce jugement ?

Pas du tout ! De mon point de vue, ce jugement n’a pas lieu d’être. Ce ne serait pas respectueux vis-à-vis de cette nation. Les Comores disputent pour la première fois la phase finale de la CAN et font grande impression. Cette équipe joue avec beaucoup d’audace, sans calcul. Elle a su mettre en déroute un pays comme le Ghana. Cela veut dire que cette équipe a de la ressource. Il faut éviter le piège de se dire qu’il ne s’agit « que » des Comores etc. Si on regarde cette équipe comme ça, on n’aura que nos yeux pour pleurer. Il faut avoir énormément de respect pour cette équipe et imprégner son jeu d’emblée, tout en évitant de retomber dans les travers des premiers matches : on avait la possession de balle et dès qu’on s’est fait contrer, on a pris un but. Avec les Comores, il faudra être extrêmement attentif.

Vous avez gagné la CAN deux fois, en 2000 et 2002. Les actuels Lions indomptables répètent qu’ils ne visent que la finale. Mais cela fait bien longtemps qu’un pays-organisateur n’a plus soulevé la CAN. Que penses-tu de l’ambition des Lions indomptables ?

L’ambition est légitime pour tout sportif je pense. Gagner la compétition, 50 ans après l’édition au Cameroun et après cinq sacres, ce doit être quelque chose d’exceptionnel. Mais nous devons rester dans la compétition. Mes jeunes frères doivent être calculateurs match après match. S’ils regardent la finale avant la finale, ils risquent de jouer la compétition avant et ce serait dommage. On rentre dans une phase avec moins de calculs : tu as 90 minutes, il faut gagner. Tu gagnes et tu pars. Chaque match est une finale. Et une finale, tu la gagnes ou tu la perds.

RFI

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