Camerounactuel

CAN 2021 : ce que la réduction des heures de cours coûte aux élèves

Moins de la moitié des heures étaient déjà dispensées avant la mesure liée à la Can. Les enseignants doutent de pouvoir rattraper le gap.

C’est une mesure «Exceptionnelle» qui s’applique aux établissements scolaires et aux institutions académiques relevant du secteur public, dès ce 17 janvier jusqu’au 4 février 2022.

Selon un communiqué signé le 15 janvier 2022 par le Secrétaire général des services du Premier ministre, «Sur très hautes instructions du président de la République», le Premier ministre, chef du gouvernement «informe la communauté nationale que, pendant les jours de la tenue des rencontres de la Can Total Energies 2021 : Les activités scolaires et académiques se tiendront de 7 heures 30 à 13 heures. Les activités professionnelles se tiendront de 7 heures 30 à 14 heures.»

La même communication gouvernementale souligne que cette mesure exceptionnelle «a pour objectif de permettre aux camerounais de prendre une part active à cet évènement continental d’envergure.»

La réduction des heures de cours communiquée par le Secrétaire général des services du Premier ministre. Séraphin Magloire Fouda, intervient à la suite de celle édictée lors de la survenue du Corona Virus, en 2020. Une mesure qui avait déjà un impact sur le nombre d’heures de cours dans les établissements scolaires et les institutions académiques.

Professeur des lycées d’enseignement secondaire, Jean- Paul explique que «il y avait déjà une réduction des quotas horaires, au point où l’on était obligé de recourir aux journées de samedi pour essayer de rattraper. En prenant cette mesure, te gouvernement réduit encore te temps de fréquentation des élèves.»

Moins d’une heure de cours

Le système de mi-temps, adopté par le gouvernement lors de la survenue de la pandémie du Covid-19 a fortement rogné le temps consacré aux cours dans les établissements scolaires des enseignements primaires et secondaires.

«Les cours les plus longs font 45 minutes. Même en période ordinaire, 60 minutes de cours étaient insuffisants. Du coup, il est même difficile de passer toutes tes matières.» Professeur dans un lycée de la ville de Yaoundé, Fabrice explique que ce système a réduit le volume des horaires de cours à couvrir par semaine.

«La réduction des heures de cours liée au Corona virus faisait que nous avions 5 heures de cours en matinée et 4 heures de cours en après midi. C’est pour cela qu’il y’avait un système de rotation en mi temps.» Du coup, estiment de nombreux pédagogues, «Cette seconde réduction des heures de cours est assez surréaliste. On ne peut pas faire un cours normal en 45 minutes. Cette mesure est tirée par les cheveux.»

L’incidence de la réduction du nombre d’heures de cours édictée par le chef de l’Etat, Paul Biya n’est pas encore évaluée de manière exhaustive. Toutefois, pensent les professionnels de l’enseignement, elle viendra renforcer le gap que le système éducatif camerounais connait déjà.

Lors des réductions liées à la lutte contre la propagation du Corona virus, nombre d’établissements scolaires ont été obligés d’occuper les mercredis après-midi et les samedi. Des séquences temporelles dédiées aux activités post et périscolaires, comme le souligne Stanley professeur des lycées.

Pis indique la même source, «cette situation impacte encore plus sur les élèves des classes terminales ainsi que ceux du sous système anglophone, à partir de la Form 5. En réduisant davantage les heures de cours, comme c’est te cas, il y a forcément des choses que nous n’allons pas faire.»

Activités chronophages à venir

Chacune des réductions d’heures de cours dans les établissements scolaires et les institutions académiques est jugée transitoire par le gouvernement.

Dans les faits, soulignent Patrice, professeur dans un lycée de la ville de Bafoussam «il se trouve malheureusement qu’il y a un certain nombre d’activités chronophages qui sont programmées. Nous avons la préparation de la semaine de la jeunesse, il y a aussi la semaine nationale du bilinguisme qui occupe des heures de cours. Puis il faudra passer à la mobilisation des élèves pour la préparation du défilé du 20 mai».

De l’avis de nombreux enseignants du secteur public, les programmes scolaires sont couverts à hauteur de 40%. Ainsi élèves et étudiants des établissements et institutions académiques du secteur public reçoivent moins de la moitié des enseignements au programme, chaque année.

Les réductions imposées par le gouvernement dans le cadre de la Coupe d’Afrique des nations de football (Can) qui se déroule du 06 janvier au 09 février 2022 vont accentuer le déficit que connaissent déjà les systèmes éducatifs et académiques camerounais.

Dans le cas des établissements scolaires de l’enseignement primaire et secondaire les chiffres sont évocateurs. Les informations recueillies auprès des chefs d’établissements indiquent que les semaines de cours, durant la réduction des horaires liés au Covid-19, l’on comptait 20 heures de cours pour les petites classes et 26 heures pour les classes supérieurs. Le planning officiel prévoit 26 heures de cours pour les petites classes et 36 heures pour les classes supérieures.

«Vous remarquez qu’il y a déjà un gap de 10 heures de cours à rattraper chaque semaine. La conséquence est qu’il y a un ensemble d’activités que nous ne pouvons plus programmer dans ce contexte.» Selon l’Unesco, une année scolaire normale doit compter 900 heures de cours. Au Cameroun, les élèves du primaire et du secondaire reçoivent à peine 400 heures de cours par an. Hors réductions liées à la Coupe d’Afrique des nations de football.

Le Messager

Partager

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin
Share on whatsapp
Share on telegram
Share on email

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Dernières nouvelles