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Cameroun : trois prisonniers totalement calcinés dans la prison de New-Bell

Deux quartiers populeux parmi les treize que compte le pénitencier ont été totalement ravagés par les flammes d’origine accidentelle. Mais le feu aurait profité pour sa propagation rapide d’une coupure d’eau vieille de 48 heures.

Les pensionnaires de la prison centrale de Douala – New-Bell ne sont pas près d’oublier les émotions qu’ils ont connues dans l’après-midi du mercredi, 27 mai dernier. Ce jour-là, aux environs de 15h, un incendié s’est déclaré au quartier «Texas» du pénitencier, suivi d’une montée impressionnante des flammes dans les airs.

Le feu a finalement touché deux quartiers de la prison sur treize, dont le hangar baptisé quartier «Régime» voisin du «Texas», faisant trois morts et trois brûlés graves parmi les prisonniers. Mais les opportunistes qui espéraient tirer profit du draine pour s’évader ont échoué dans leur tentative, du fait du dispositif de sécurité rapidement déployé autour de la prison.

Le feu serait parti du local (mandat) d’un prisonnier occupé dans une autre zone de la prison parses activités commerciales, selon les témoignages internes à la prison. Et, faute d’eau, les voisins qui ont perçu en premier les odeurs de brûlé émanant de cette chambre rudimentaire n’ont pas pu intervenir à temps.

«Cela disaient deux jours que la prison était privée d’eau», a témoigné une source dans l’anonymat Compte tenu du matériau de construction dans les quartiers concernés, avec une très forte prédominance de bols et de tôles, les flammes n’ont pas eu du mal à se propager en semant la peur dans la prison. C’est ainsi que le quartier voisin a été finalement touché par les flammes avant d’être totalement consumé.

Braises récalcitrantes…

Selon les témoins, les pompiers n’ont pourtant pas tardé à arriver sur les lieux, environ une vingtaine de minutes après l’apparition des flammes. C’est grâce à leurs efforts que l’incendie a été contenu dans les deux quartiers touchés en dépit de l’intensité particulièrement impressionnante des langues de feu. Mais leurs efforts n’auraient pas permis de sauver quoi que ce soit au «Texas» et à «Régime».

Jusqu’au milieu de la nuit, les pompiers ont continué à combattre les braises récalcitrantes avant de prendre leur pause. C’est au cours de leur labeur qu’ils découvriront certains corps dans les décombres. Ils ont aussi pu sauver des personnes encore en vie mais déjà touchées par le feu. Tous ces brûlés ont été conduits à l’hôpital.

«Dès qu’il y a le moindre mouvement inattendu dans la prison, certains prisonniers essaient toujours de se servir dans les effets des autres détenus. C’est toujours comme ça. 11 est possible que certains aient été coincés à l’occasion par l’intensité des flammes ou surpris dans le sommeil. De toutes les façons, trois corps ont été récupérés dans une situation méconnaissable. Et les brûlés ont été transportés à l’Hôpital Laquitinie», témoigne un fonctionnaire de l’administration sous anonymat. Selon des sources dign.es de foi, les trois morts ont pour noms Jean-Marie Digue, Joseph Massonock et Sinclair Tankoua. C’est ce dernier dont les images sont publiées ci-contre.

Pendant la montée des flammes sur les quartiers «Texas» et «Régime», de nombreux prisonniers ont pris d’assaut les toitures des bâtiments internes de la prison, avec, sans doute, l’idée de profiter du cafouillage pour prendre la poudre d’escampette. Ils auront heureusement été dissuadés dans leur aventure par des coups de feu de sommation tirés à partir des miradors de la prison par des gardiens en servie» Le déploiement rapide des forces de l’ordre autour du pénitencier, sous la coordination du sous-préfet de Douala 2ème, aura aussi renforcé la sécurité, décourageant les plus téméraires parmi ceux qui ont tenté de s’évader.

Construit avec une capacité d’accueil de 960 places au départ, la prison centrale de New-Bell comptait près de 2600 pensionnaires le jour de l’incendie. C’est donc un établissement fortement saturé, même s’il a été enrichi de quelques bâtiments relativement nouveaux entre-temps. Ce fut le cas, justement après un incendie qui avait déjà ravagé cette prison en 2012.

Mais, il y a cinq ans, encore, le pénitencier de New-Bell avait connu un autre incendie qui avait aussi semé la mort. C’est une enceinte finalement très inflammable au regard de la récurrence des incendies. Un motif d’inquiétudes pour les ONG de défense des droits de l’Homme qui sont déjà préoccupées en général par le niveau de morbidité à l’intérieur de cette prison.

Galère dans la prison

Depuis jeudi dernier, les responsables de la prison recourent aux moyens du bord pour faire face au drame, notamment à la situation des pensionnaires qui sont, désormais sans abri. «Le régisseur a fait venir des bâches dans lesquelles s’abritent pour le moment les prisonniers sinistrés afin de dormir ou de se reposer. Pour l’instant, c’est une vraie galère pour plusieurs, la prison étant une-jungle où, très souvent, les plus forts physiquement arrivent à imposer leur loi», précise notre source.

Pour parer au plus pressé et revenir à une situation relativement acceptable, des travaux de construction des hangars en bois sont annoncés dans l’urgence. Ils seront construits bien que des investissements plus sérieux soient annoncés sur le site de la prison. Déjà, les sources de Kalara témoignent avoir aperçu une arrivée de cargaison de bois relativement importante dans la prison pendant le week-end. Elles ont aussi noté la présence des techniciens qui s’affairaient à évaluer certaines distances dans la cour de la prison. «Mais, pour l’heure, il reste à dégager totalement les décombres consécutifs à l’incendie avant de faire quoi que ce soit», déclare l’une de nos sources.

A titre de rappel, la plupart des enceintes abritant les prisons dans le pays sont dépassées dans leurs capacités d’accueil, mais aussi obsolètes en certains de leurs bâtiments. Le taux de morbidité est assez, élevé dans certaines de ces prisons. Depuis plus d’une décennie, ün vaste projet de construction des infrastructures plus sécurisées et plus adaptées au défi des effectifs. Et tout le monde est désormais impatient de voir aboutir ces projets qui s’apparentent depuis un certain temps à de véritables serpents de mer.

Source: Kalara

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