Les chefs séparatistes armés des régions anglophones du Cameroun auraient accepté de suspendre le confinement en cours afin de permettre aux habitants de participer aux prochaines élections.
Selon un document circulant en ligne et attribué à l’Union pour le changement dans les régions anglophones, des combattants et des chefs du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ont appelé à une pause du confinement du 11 au 13 octobre 2025.
La déclaration, datée du 27 septembre et signée à Bamenda, porterait les noms du général XXX XX XXX, commandant en chef du Commandement militaire central d’Ambazonie Ground Zero (AMBACOM), et de Thomas Asongani, secrétaire général de l’Union pour le changement (UPC2025-Zone anglophone).
Cependant, le MMI n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante l’authenticité du document. Cette absence d’authentification n’est pas inhabituelle, car les factions séparatistes opèrent souvent dans le plus grand secret et l’anonymat, ce qui rend la vérification de leurs communiqués difficile.
Ce que dit le document
La lettre affirme que le confinement sera temporairement levé afin de permettre aux anglophones de voter. Elle désigne spécifiquement Beltin Kisob, un dirigeant actuellement détenu à la prison de Kondengui, comme figure de proue appelant à la participation aux élections.
Les principales résolutions présentées dans le document comprennent :
La suspension des villes fantômes dans les régions anglophones les 11, 12 et 13 octobre ;
La garantie que les bureaux de vote ne seront pas attaqués pendant cette période ;
L’instruction aux combattants de ne pas tirer en l’air pour intimider les électeurs ;
Un soulagement pour les habitants locaux
Pour de nombreux habitants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, touchées par le conflit, la suspension, si elle est mise en œuvre, pourrait apporter un soulagement bienvenu. Les confinements, souvent imposés par la menace et la violence, ont confiné des milliers de personnes chez elles pendant de longues périodes. La perspective de pouvoir voter en toute sécurité offre un espoir de participation citoyenne dans le contexte de crise actuel.
Contexte de la crise
Depuis 2017, les régions anglophones du Cameroun sont en proie à un conflit séparatiste qui a déplacé des centaines de milliers de personnes et fait des milliers de morts. Les combattants séparatistes imposent fréquemment des confinements, appelés localement « villes fantômes », pour exercer leur contrôle et perturber l’activité gouvernementale.
Si le document signale un assouplissement rare des restrictions séparatistes à l’approche du jour du scrutin, l’absence de vérification indépendante suscite des incertitudes quant à son application et au degré de respect des règles par les différents groupes armés.







