La compagnie aérienne nationale Camair-Co veut reprendre son envol avec un ambitieux plan stratégique chiffré à 94,5 milliards de FCFA, dont la moitié, soit 47 milliards, devrait provenir de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC).
L’objectif affiché : renforcer sa compétitivité, élargir sa flotte et s’imposer comme un acteur clé de l’intégration régionale. Mais cette annonce suscite autant d’espoirs que d’interrogations, tant l’histoire récente de l’entreprise est jalonnée d’échecs financiers et de réformes inabouties. Concrètement, Camair-Co prévoit de doubler sa flotte, passant de huit à dix-huit avions en cinq ans.
La compagnie entend également relancer plusieurs liaisons suspendues et ouvrir de nouveaux marchés pour s’affranchir de sa dépendance aux dessertes régionales.
Une stratégie qui, sur le papier, vise à repositionner la compagnie dans un secteur dominé par des concurrents plus solides, comme Ethiopian Airlines ou Air Côte d’Ivoire, déjà mieux structurés et financièrement plus robustes.
Au-delà du transport aérien, le plan mise aussi sur les retombées économiques. Selon les projections, entre 3 000 et 4 500 emplois indirects pourraient être créés, principalement dans les métiers de la maintenance, de la logistique et des services annexes.
Une promesse séduisante dans un pays où le chômage reste une plaie ouverte, mais qui dépendra de la capacité réelle de la compagnie à attirer des financements et à gérer efficacement ses ressources.
Reste la grande question : Camair-Co a-t-elle les moyens de transformer cette feuille de route en succès durable ? Les doutes persistent, alimentés par un passif marqué par les dettes, les avions cloués au sol et les audits accablants.
L’appui de la BDEAC sera décisif, mais il ne suffira pas à lui seul. Sans une gouvernance rigoureuse et une vision claire, ce plan de 94,5 milliards risque de n’être qu’une nouvelle annonce dans une longue série de promesses non tenues.







