Le 1er novembre 2024, la démocratie a pris un tournant historique au Botswana. Après 58 ans de règne ininterrompu, le Botswana Democratic Party (BDP) a cédé la présidence à l’opposition, l’Umbrella for Democratic Change (UDC), menée par Duma Boko.
Le président sortant, Mokgweetsi Masisi, a accepté sa défaite et a salué la victoire de son rival, assurant une transition pacifique et montrant un exemple de respect des principes démocratiques. Cette élection marque un changement de cap pour le Botswana, où le pouvoir se renouvelle pour la première fois depuis près de six décennies.
Le message que le Botswana envoie au monde est clair : le changement est possible, peu importe le temps qu’il prend. En effet, la victoire de l’UDC s’appuie sur une promesse de modernisation, d’emplois et de meilleures conditions de vie pour le peuple botswanais, contraste frappant avec le bilan de fin de règne du BDP.
L’histoire de cette transition démocratique résonne au-delà des frontières botswanaises, notamment au Cameroun, où le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, approche de son 92e anniversaire et prépare déjà une nouvelle candidature en 2025.
Cette alternance pacifique au Botswana offre des leçons précieuses à des pays comme le Cameroun. Après 40 ans de pouvoir, le régime de Biya est critiqué pour sa rigidité, son manque de transparence et une économie qui peine à se renouveler.
Contrairement à la flexibilité institutionnelle du Botswana, le Cameroun est marqué par une forte censure et une répression des opinions. Les autorités y interdisent toute discussion sur la santé du président ou la possibilité de changement de pouvoir, comme en témoignent les avertissements récents du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji.
En 2018, lors de son mandat d’ambassadeur américain au Cameroun, Peter Barlerin avait suggéré au président Biya de réfléchir à son héritage en prenant exemple sur des figures historiques telles que George Washington et Nelson Mandela.
Les réactions furent vives et les autorités camerounaises n’ont cessé depuis de décourager les discussions sur une possible transition. Cette fermeture contraste fortement avec l’attitude de Masisi, qui a montré une grande maturité politique en acceptant la voix des urnes.
Le Botswana et le Cameroun se trouvent aujourd’hui à des stades opposés sur le chemin de la démocratie. Alors que le Botswana a mis en avant la voix de son peuple et la promesse d’un avenir renouvelé, le Cameroun persiste dans une stratégie de contrôle absolu, éloignée des attentes d’une jeunesse qui aspire à la modernisation et à la transparence.
Avec des élections présidentielles prévues pour 2025, l’exemple botswanais peut inspirer un appel à un processus électoral libre et juste au Cameroun, dans l’espoir que la volonté populaire soit également respectée.






