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Blessée par un véhicule de CAMTEL, une jeune femme affirme n’avoir reçu ni soins complets ni indemnisation

Au Cameroun, l’histoire d’Eponibog Marie-Ange est devenue un symbole poignant de la négligence administrative présumée et des difficultés rencontrées par les victimes d’accidents pour accéder à des soins médicaux adéquats.

Depuis plus d’un an, cette jeune femme affirme lutter pour sa survie après avoir été victime d’un accident de la route provoqué par un véhicule de la CAMTEL, l’opérateur de télécommunications du Cameroun.

Aujourd’hui, elle déclare attendre toujours une prise en charge médicale complète et une indemnisation, alors que son état de santé continue de se détériorer.

Le jour où tout a basculé à Yaoundé

Le 21 février 2024, Marie-Ange circulait dans les rues de Yaoundé lorsqu’un véhicule, apparemment conduit par des agents de la CAMTEL, l’a grièvement blessée dans un accident.

Depuis, dit-elle, sa vie est marquée par la peur et l’incertitude. « Chaque soir, je me couche en me demandant si je me réveillerai le lendemain matin », confie-t-elle.

Une année de promesses et de retards de la part de CAMTEL

Suite à l’accident, CAMTEL aurait délivré à Marie-Ange une attestation de prise en charge médicale destinée à faciliter ses soins hospitaliers.

Cependant, sa famille s’est rapidement rendu compte que ce document ne couvrait pas les médicaments essentiels, le matériel médical ni plusieurs examens critiques.

Selon eux, les autorités hospitalières leur ont demandé d’avancer les frais, en leur assurant un remboursement ultérieur. Faites confiance au processus, la famille a payé.

Aujourd’hui, ils affirment que les dépenses cumulées dépassent 1,5 million de francs CFA, une somme qui n’a toujours pas été remboursée.

Entre CAMTEL et NSIA : un différend persistant

En quête de réponses, Marie-Ange s’est rendue à plusieurs reprises dans les bureaux de l’assureur de CAMTEL, NSIA Assurances.

On lui aurait alors indiqué que le retard était dû à des documents manquants de la part de CAMTEL, nécessaires au traitement de son dossier. On lui a également demandé de fournir des documents supplémentaires, ce qu’elle affirme avoir fait. Malgré cela, elle affirme qu’aucun progrès n’a été réalisé. « Le silence est insupportable », a-t-elle déclaré.

Aggravation de son état de santé

Alors que le conflit administratif s’éternise, la santé de Marie-Ange se serait dégradée. Elle dit souffrir désormais de saignements importants et récurrents.

« Les saignements sont devenus plus graves. Je saigne des oreilles, du nez, des yeux et même de la bouche. Je suis épuisée, physiquement et mentalement », a-t-elle expliqué.

Les observateurs médicaux affirment que ces symptômes sont alarmants et nécessitent une prise en charge médicale urgente et régulière.

Rendez-vous manqués et promesses non tenues

Selon Marie-Ange, on lui a donné de nombreux rendez-vous et on lui a donné des assurances à maintes reprises au cours de l’année écoulée, sans qu’aucun résultat concret ne se concrétise.

« Ils n’ont cessé de me donner de faux espoirs et de me faire de vaines promesses. J’ai attendu patiemment, mais rien n’a changé », a-t-elle déclaré.

Récemment, on l’a informée qu’elle pourrait recevoir un autre certificat médical, une mesure qu’elle juge insuffisante compte tenu de l’ampleur de ses besoins médicaux et du fardeau financier que cela représente.

« CAMTEL attend-elle que je meure ?»

Frustrée et affaiblie, Marie-Ange a publiquement remis en question l’engagement de l’entreprise dans son dossier.

« Où trouverai-je l’argent pour continuer à payer mes factures d’hôpital ? Pourquoi devrais-je souffrir et m’endetter alors que je suis la victime ?» a-t-elle demandé.

Dans une déclaration qui reflète son désespoir, elle a ajouté : « CAMTEL attend-elle que je meure pour agir ?»

Une demande de droits, pas de charité

Marie-Ange insiste sur le fait qu’elle ne cherche ni la pitié ni des dons. Elle exige plutôt ce qu’elle considère comme son droit : le remboursement de ses frais médicaux et une juste indemnisation. Elle dit vouloir accéder à des soins de santé adéquats et reconstruire sa vie. « Je demande justice, pas la charité », a-t-elle déclaré.

Anticipant d’éventuels refus, Marie-Ange affirme être en possession de tous les documents relatifs à l’accident et à ses soins médicaux. « J’ai toutes les preuves », maintient-elle.

Elle souligne également que les compagnies d’assurance ne délivrent pas d’attestations de couverture sans sinistre valide, précisant qu’elle n’est pas assurée personnellement par la NSIA, mais qu’un document de couverture a néanmoins été émis en raison d’un accident impliquant CAMTEL.

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