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Bakou: un orphelinat contaminé au Covid 19 par leurs bienfaiteurs

Un orphelinat catholique a été contaminé par des humanitaires français. Près de dix personnes infectées pour l’instant.

Les populations de Bakou, 10km du centre-ville de Bafang en allant dans le Nkam, ont été surprises par l’arrivée dans leur contrée dans l’après-midi du samedi, 4 avril 2020, de plusieurs ambulances escortées par les autorités administratives et des éléments des forces de l’ordre.

Il s’agissait de déporter vers Bafous-sam, les personnes testées positif au Covid-19 au centre Kentaja, un foyer-orphelinat mis sur pied par un prêtre catholique, l’abbé Djapa.

De source officielle, neuf ressortissants français ont séjourné dans le centre, au cours du mois de mars, sans trace médicale. A partir du 2 mars pour le premier groupe et à la mi-mars pour les autres.

Pendant leur séjour, plusieurs d’entre eux ont régulièrement fait la navette entre le centre Kentaja, situé à côté de la paroisse catholique de Bakou et la paroisse de Bandja, 17.km au nord de Bafang, où officie actuellement le promoteur de l’œuvre d’encadrement des orphelins.

C’est au moment de remplir les formalités de retour en France que deux d’entre eux seront testés positif au Covid-19. Renseignement pris, on retrouvera le centre où ils ont séjourné sans précaution. Mercredi, 1er avril, une équipe médicale est descendue sur les lieux pour faire des prélèvements sur les pensionnaires.

Samedi, elle est revenue avec les résultats : trois autres blancs ainsi que deux noirs, dont le directeur de l’orphelinat, sont positifs. Les 11 orphelins présents ce jour ont été confinés sur place, tandis que les locaux ont été pulvérisés.

Descendu sur les lieux, le préfet du Haut Nkam a fermé le marché de Bakou et tous les débits de boissons. Mais l’on redoute d’autres contaminations dans la mesure où certains de ces enfants formaient des candidats aux sacrements lors de la Pâques.

Confusion

Après l’interdiction antérieure des funérailles, Luc Ndongo en a profité pour suspendre les marchés périodiques et les autres lieux de rassemblements dont les débits de boissons dans son unité de commandement.

Dans son communiqué, il se veut sévère. « Les regroupements de personnes ne présentant aucun caractère important ou urgent (exemples : joueurs de ludo, de jambo, joueurs de footballeetc.) seront automatiquement dispersés ».

Et met en garde tous les sadiques, à qui il promet l’application stricte de l’article 260 du Code pénal : « en ce moment où notre pays fait face à la propagation des contaminations à une vitesse vertigineuse, l’idéal serait que chacun reste chez soi et ne sorte de son domicile qu’en cas d’extrême nécessité (…). Les regroupements et les contacts avec les tierces personnes doivent être évitées au maximum ».

Reste qu’au-delà de l’autorité, la psychose s’est installée au sein de la population , qui organise sa propre filature des « éléments dangereux ». Ainsi les personnes soupçonnées d’avoir eu des contacts avec les Occidentaux, des malades potentiels ou de retour d’un voyage sont surveillées à la loupe et leurs mouvements communiqués par les réseaux sociaux.

Elfried T. N. a failli être lynché dans son village, Batou-fam, parce qu’on l’accusait d’avoir fui l’hôpital Laquintinie, après avoir été testé positif au Covid-19. 11 n’en était pourtant rien. De même pour N. M., venu d’Italie rendre visite à sa famille avant la pandémie et que tout Kékem présente comme un malade ambulant.

Source: Le Jour

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