Le Gouverneur de la région de l’Ouest annonce dans un communiqué l’évasion d’un détenu particulièrement dangereux, NOSSO Clifford, qui s’était échappé le matin du samedi 8 février 2025.
Cet individu, âgé de 23 ans, était incarcéré à la Prison Centrale de Bafoussam pour vol de chiens avant d’être hospitalisé le 10 janvier 2025 à l’Hôpital Régional de Bafoussam pour traitement contre la rage humaine, une maladie qui constitue une menace sanitaire grave.
Selon le communiqué officiel, NOSSO Clifford présente des comportements alarmants. Il adopte des attitudes rappelant celles d’un chien enragé, notamment une forte agressivité, des crises d’hypersalivation et des aboiements.
Ces symptômes rendent son évasion particulièrement préoccupante, tant pour la sécurité publique que pour la santé des habitants.
Le Gouverneur de la Région de l’Ouest exhorte les populations à une vigilance extrême. Il est conseillé de se tenir à distance de cet individu et d’éviter tout contact direct.
Les autorités comptent sur la collaboration citoyenne pour faciliter la localisation et la capture du fugitif. Toute personne disposant d’informations utiles est invitée à les communiquer immédiatement aux forces de l’ordre ou à la formation sanitaire la plus proche.

La rage est une infection virale grave qui peut être transmise à l’homme par certains mammifères. Cette maladie est presque toujours fatale une fois les symptômes déclarés et la rage est toujours responsable aujourd’hui de dizaines de milliers de décès humains chaque année.
Le poids de la maladie est supporté essentiellement par l’Afrique et l’Asie où le chien est le principal vecteur de transmission à l’être humain.
Quelles sont les causes ?
Le virus de la rage (genre Lyssavirus) est présent dans la salive des animaux infectés (chien, chat, chauves-souris, autres mammifères sauvages…).
Comment se transmet le virus ?
La transmission survient par contact direct avec la salive d’un animal contaminé par morsure, griffure ou encore léchage sur la peau excoriée ou une muqueuse. La contamination d’homme à homme est exceptionnelle (transplantations d’organes, transmission de la mère au fœtus).
Quels sont les symptômes ?
Le virus rabique est neurotrope : il infecte le système nerveux et affecte son fonctionnement. Il ne provoque pas de lésions physiquement visibles dans le cerveau mais perturbe les neurones, notamment le système nerveux autonome qui contrôle l’activité cardiaque ou la respiration. Après un à deux mois d’incubation en moyenne, l’individu atteint développe un tableau d’encéphalite.
La phase symptomatique associe des troubles neurologiques variés, notamment de l’anxiété, de l’agitation et des troubles de la conscience fluctuants ainsi que des troubles du système nerveux autonome (hypersalivation, anomalie du rythme cardiaque et de la tension artérielle…) L’hydrophobie (spasme involontaire des muscles du cou et du diaphragme à la vue de l’eau) est parfois observée. Une fois les signes déclarés, l’évolution se fait vers le coma et la mort en quelques heures à quelques jours.
Hormis quelques cas de survie décrits chez des enfants, l’issue est toujours fatale lorsque la maladie est déclarée.
Comment diagnostiquer la maladie ?
Le diagnostic de la rage chez l’homme se base sur des tests virologiques réalisés en laboratoire de référence. Le virus est mis en évidence le plus souvent par PCR à partir d’échantillons de salive ou de biopsie de peau.
Quels sont les traitements ?
Le traitement préventif de la rage, à la suite d’une exposition à un animal suspect, comprend en urgence le nettoyage de toutes les plaies (eau et savon pendant 15 min) puis une antisepsie soigneuse (un contrôle de l’immunité antitétanique est également recommandé à la suite d’une morsure ainsi qu’une antibioprophylaxie dans certains cas).
La prophylaxie post-exposition (prévenir la survenue des symptômes après l’exposition à un animal suspect) comprend une vaccination, accompagnée d’une sérothérapie antirabique pour les expositions les plus sévères. Le traitement doit être effectué rapidement après exposition, avant l’apparition des premiers symptômes qui signe une évolution inexorablement fatale.
Cette prophylaxie consiste en 4 ou 5 injections intramusculaires de vaccin réparties sur un mois et elle est bien tolérée.
De nombreux pays utilisent également un schéma de prophylaxie court administré par voie intradermique et recommandé par l’OMS depuis 2018. Ainsi on estime que chaque année, environ 17 millions de personnes reçoivent une prophylaxie antirabique post-exposition dans le monde.
Quelqu’un a-t-il déjà survécu à la rage, sans traitement ?
Il n’existe que quelques rares cas de survie sans prophylaxie après exposition. Cette survie est donc exceptionnelle, et le cas le plus connu est celui d’une jeune américaine qui a survécu à la rage en 2004. Elle avait été mordue sur le continent américain par une chauve-souris et n’avait reçu aucune vaccination antirabique avant ou après cette exposition.
Elle a subi un traitement très lourd en service de réanimation, a survécu et a récupéré avec peu de séquelles. Si la survie de cette jeune fille a ouvert des perspectives en matière de traitement, la raison de sa survie ne peut être imputée à ce traitement et est probablement expliquée par la conjonction d’une réponse immunitaire particulièrement efficace chez cette jeune fille et d’un virus mal adapté à l’homme.
Dans le reste des cas, les survies après infections prouvées par la rage le plus souvent associées à de lourdes séquelles et aucun traitement curatif n’a été identifié à ce jour.
Comment prévenir la maladie ?
La prévention repose principalement sur la vaccination préventive des animaux domestiques, en particulier des chiens et des chats et des populations à risque, ainsi que sur des mesures de contrôle des animaux sauvages dans certaines zones. Les campagnes d’éducation des populations cibles aux risques liés à la rage et aux mesures de sécurité pour éviter les contacts avec les animaux suspects sont également essentielles.
Un vaccin préventif est disponible pour les personnes à haut risque, comme les vétérinaires et les voyageurs dans certaines régions.
Enfin, la prophylaxie post-exposition est administrée à toute personnes exposées à un animal suspect.
Il est important de rappeler qu’il faut rester à distance des animaux sauvages partout dans le monde (chauves-souris, singes…) et ne jamais toucher ou nourrir les animaux domestiques dans les pays où la rage du chien n’est pas sous contrôle : Asie, Afrique essentiellement et dans une moindre mesure en Europe Centrale, Moyen-Orient, Amérique du Sud…
Il est aussi essentiel de laver abondamment la plaie à l’eau et au savon pendant 15 min après contact avec un animal.
Combien de personnes sont touchées ?
On estime que la rage est responsable d’environ 59 000 décès annuels dans le monde, principalement en Asie et en Afrique, le plus souvent suite à une morsure par un chien enragé. Ces décès s’expliquent par l’absence de mise en œuvre des mesures de contrôle de la maladie chez le chien dans ces pays et par les grandes difficultés d’accès à la prophylaxie post-exposition pour les populations les plus vulnérables.







