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Babadjou-Bamenda : plus qu’une route, un signe d’espoir pour un Nord-Ouest meurtri

Le Premier ministre camerounais, le Dr Joseph Dion Ngute, a inauguré la route Babadjou-Bamenda, inauguré le pont Mile 4 et lancé la reconstruction de nouvelles routes urbaines, parmi les principaux projets du Plan présidentiel pour la reconstruction et le développement. Il s’agit d’avancées importantes pour une région longtemps meurtrie par les conflits.

Pour de nombreux habitants de la région du Nord-Ouest, ces projets représentent bien plus qu’une simple amélioration des déplacements ou du commerce.

Depuis le début de la crise anglophone, l’insécurité, les fermetures d’écoles, les déplacements et la destruction des infrastructures sont devenus une réalité quotidienne.

Les services publics ont souffert et de nombreuses communautés se sont senties délaissées. Les routes se sont dégradées, les marchés ont fermé, les ponts ont été endommagés ou détruits, et les routes commerciales sont devenues dangereuses, voire impraticables.

Ainsi, lorsque le Premier ministre inaugure une route majeure comme celle reliant Babadjou à Bamenda, ou ouvre un pont à Mile 4, ce ne sont pas que du béton et de l’acier. Ce sont des signaux.

Mais la reconstruction ne se fait pas uniquement avec des briques. Il faut aussi rétablir la confiance. Les citoyens observeront si ces promesses sont tenues : si les routes sont entretenues ; si les personnes déplacées par la violence sont incluses ; si l’accès à l’éducation et à la santé, qui a été interrompu, peut être rétabli ; si les voix locales sont prises en compte dans la planification et les prestations.

Ces dernières années, les habitants de Bamenda se sont plaints avec véhémence du mauvais état des routes, notamment dans des quartiers comme Nkwen ou Sonac Street.

Les routes deviennent impraticables en cas de pluie. L’activité économique ralentit ; les enfants ne peuvent souvent pas aller à l’école ; les cliniques sont plus difficiles d’accès, comme l’a constaté personnellement la ministre de l’Enseignement secondaire, Nalova Lyonga.

La dure réalité est que ces projets d’infrastructures – routes, ponts, marchés – peuvent contribuer à réduire considérablement les souffrances, mais ils doivent s’accompagner de la fin, ou du moins d’une réduction, de la violence, d’une sécurité garantie et du sentiment que le gouvernement se soucie de tous les citoyens, y compris ceux des zones de conflit.

Pour les populations des zones anglophones, le développement a souvent été perçu comme une promesse jamais pleinement tenue, ou inégalement réalisée.

Lors de cette visite, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a eu l’occasion de montrer bien plus que des équipes de construction et une cérémonie d’inauguration.

Il aurait pu démontrer que le développement du Nord-Ouest n’est pas seulement un slogan de campagne ou un argument politique.

Si ces projets fonctionnent, s’ils touchent les personnes les plus touchées et si la reconstruction intègre la justice, la paix et la dignité, alors de nouvelles routes pourraient contribuer à panser les vieilles blessures.

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