La parenthèse Christiane Lambert est terminée. Première femme à occuper ce poste, l’éleveuse de porcs a laissé la présidence de la FNSEA à Arnaud Rousseau, 49 ans, seul candidat en lice, lors d’un conseil d’administration le 13 avril. Le nouveau patron du puissant syndicat agricole n’est pas le premier à venir cependant. Il était jusque-là son premier vice-président, en charge des négociations sur la répartition des neuf milliards d’euros annuels de fonds européens de soutien à l’agriculture française, dans le cadre de la politique agricole commune (PAC), dont la nouvelle mouture entre en vigueur. cette année. « La FNSEA, c’est avant tout une équipe qui vient de toutes les régions, de tous les types d’exploitations et qui prône des valeurs humaines », s’est félicité Arnaud Rousseau lors de son élection. C’est oublier que ce dernier est avant tout un homme d’affaires, loin de l’image de l’exploitant familial dans la France rurale.
Un pétrolier à la tête du syndicat productiviste
Diplômé d’une école de commerce parisienne, Arnaud Rousseau a notamment travaillé dans le courtage agricole. Avant de reprendre l’exploitation familiale de grandes cultures (colza, tournesol, blé, betterave, maïs) de Trocy-en-Multien, en 2002, peu avant ses 30 ans. Il préside surtout le groupe Avril, géant des huiles végétales (Lesieurs, Puget, etc.), véritable mastodonte de l’agroalimentaire qui a généré en 2021 un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros. Dans la lignée de son prédécesseur, Xavier Beulin, président d’Avril et de la FNSEA jusqu’à son décès en 2017.
En matière de politique agricole, sa feuille de route est claire. » Nous sommes dans un projet qui suppose de produire, dans des circuits plus ou moins courts, pour créer de la valeurmesure Arnaud Rousseau. La décroissance n’est pas notre vecteur, nous voulons que demain la nourriture dans les assiettes soit française. » L’enjeu peut être louable, à condition de prendre en compte les enjeux climatiques. C’est là que le bât blesse, la FNSEA étant notamment favorable aux méga bassins controversés.« Il faut assumer ce modèle dans le Marais Poitevin. Si nous ne le faisons pas, nous importerons de la nourriture, car l’eau est essentielle pour l’agriculture. », assure l’intéressé. Quant aux droits sociaux, voire à la pénurie de main-d’œuvre, le nouveau patron du syndicat du patronat agricole ne dit mot.
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