Le gouvernement a lancé le 3 juin 2026 l’audit des allocations familiales. L’augmentation curieuse de 55 % d’enfants en moins de deux ans provoque le lancement d’un audit visant à détecter d’éventuels faux actes et récupérer les fonds indûment perçus.
L’augmentation soudaine des enfants déclarés en vue de bénéficier des allocations familiales au Cameroun pique la curiosité au sein de l’appareil d’État. L’opération AALFA, placée sous la conduite du ministre des Finances Louis Paul Motaze, a pour objectif de confirmer l’authenticité des actes de naissance des enfants produits par des parents candidats aux allocations familiales. Et dans le cas contraire, écarter les faussaires des listes des responsables de familles éligibles à ces allocations, dans le but de réduire les dépenses causées par des actes frauduleux.
Si le gouvernement lance une telle opération, c’est pour s’assurer que les doutes qui pèsent sur la montée des chiffres soient dissipés et que les fonds aillent aux bénéficiaires de bonne foi. Entre juin 2024 et mars 2026, le nombre de bénéficiaires des allocations familiales augmente de 55 %. Il passe de 594 728 à 923 307, soit une hausse de 328 579 bénéficiaires en 21 mois.
Ce bond jusqu’ici injustifié et incompris est à l’origine de cette opération qui va durer 24 mois. À terme, elle permettra d’identifier les potentiels faussaires et surtout de recouvrer les sommes d’argent indûment perçues par des bénéficiaires fictifs depuis leur admission sur le système.
« L’objectif de l’opération AALFA est d’extirper du fichier solde tous les enfants alignés frauduleusement et de recouvrer les sommes indûment payées », a indiqué le ministre des Finances Louis Paul Motaze. L’enjeu à travers cette activité est de démarrer « les travaux visant à vérifier l’authenticité des déclarations ouvrant droit aux allocations familiales dans la Fonction publique. »
Les objectifs sont de parvenir à garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques, à préserver l’équité entre les agents de l’État, à renforcer la fiabilité du fichier solde et à lutter contre les déclarations irrégulières. En deux ans, la facture annuelle supportée par l’État a bondi de 21 à 38 milliards de francs CFA. Pour le gouvernement, cette évolution ne peut pas se justifier uniquement « par la seule démographie ».
Pour mettre fin à cette inflation des déclarations jugées douteuses, des brigades d’audit seront déployées sur l’ensemble du territoire national pour vérifier, dossier par dossier, l’authenticité des actes de naissance produits et la réalité des situations familiales déclarées.

