Israël fait face lundi à une vague de condamnations internationales après un bombardement nocturne sur Rafah qui a fait 45 morts, selon le ministère de la Santé à Gaza. L’attaque a mis le feu à des tentes occupées par des Palestiniens dans un camp de déplacés.
L’armée israélienne a assuré lundi enquêter sur la mort de victimes civiles, le premier ministre Benjamin Netanyahu parlant d' »incident tragique ». La veille, l’armée avait affirmé avoir ciblé à l’aide de « munitions précises » deux hauts responsables du Hamas, « des cibles légitimes au regard du droit international », selon elle.
Le gouvernement a indiqué de son côté examiner les faits concernant ce bombardement qu’il a qualifié de « grave », assurant qu’Israël cherchait à « limiter les pertes civiles ».
L’ONU veut une enquête
L’ONU a elle « condamné les frappes israéliennes » et demandé une enquête « complète et transparente » après l’attaque dans la ville surpeuplée de Rafah, où Israël a lancé des opérations au sol le 7 mai en dépit des mises en garde de la communauté internationale.
La frappe meurtrière a été dénoncée notamment par l’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA), la France, ainsi que par l’Egypte et le Qatar, deux pays médiateurs dans les efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu dans la guerre dévastatrice déclenchée il y a bientôt huit mois.
Corps carbonisés, démembrés
La Défense civile palestinienne a fait état de nombreux corps « carbonisés » dans l’incendie qui a ravagé le camp de déplacés de Barkasat, géré par l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), dans le nord-ouest de Rafah.
Mohammed al-Mughayyir, un responsable de la Défense civile dans la bande de Gaza, décrit un « massacre »: « nous avons vu des corps carbonisés, démembrés (…), des cas d’amputations, des enfants blessés, des femmes et des personnes âgées ».
Lieu désigné « zone humanitaire »
Des images du Croissant-Rouge palestinien, selon lequel le lieu visé par la frappe avait été désigné par Israël « comme une zone humanitaire », ont montré des scènes de chaos, des ambulances toutes sirènes hurlantes et des secouristes en pleine nuit sur un site en feu, évacuant les blessés parmi lesquels des enfants.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a dit recevoir dans un de ses hôpitaux de campagne un « afflux de blessés ayant subi des brûlures ».
« Du feu tout autour »
« Le…

