C’est l’un des enjeux majeurs de la 42ᵉ session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts (CIE), prévue à Yaoundé du 13 au 15 octobre 2026. Les contours de ce grand rendez-vous, qui pointe déjà à l’horizon ont été présentés ce 08 Octobre par le directeur du bureau sous- régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Jean‑Luc Mastaki Namegabe et ses collaborateurs.
La réunion statutaire qui démarre dans quelques jours dans la capitale camerounaise va réunir des représentants étatiques, Communautés Économiques Régionales, acteurs du secteur privé, milieux académiques, société civile et partenaires techniques et financiers. Cette diversité d’acteurs s’explique par le fait que, la réussite des réformes dépend d’une coordination étroite entre prise de décision publique, attentes du monde des affaires et soutien des partenaires internationaux. placé sous le thème « Accélérer la mise en œuvre des réformes pour dynamiser le secteur privé à mi‑parcours de la diversification (2021–2030) », l’événement initié par la CEA nourrit l’ambition d’atteindre plusieurs objectifs.
Pour le directeur Jean‑Luc Mastaki Namegabe, la 42ᵉ session du CIE vise des objectifs concrets, tels que : présenter et discuter le bilan 2025–mi‑2026, renforcer le dialogue public‑privé, promouvoir des projets bancables pour infrastructures et corridors régionaux, et stimuler la transformation structurelle par des chaînes de valeur régionales. Le rapport préparé par le Bureau sous- régional montre aussi que de nombreux dispositifs de suivi privilégient la comptabilisation des textes adoptés plutôt que l’évaluation des effets réels sur les entreprises. Un signal fort pour recentrer l’action sur des indicateurs de résultat.
En ce qui concerne les enjeux, ils sont à la fois économiques et sociaux. A la vérité, sans une accélération des réformes, la sous‑région peine à créer des emplois de qualité, à augmenter la valeur ajoutée manufacturière et à attirer des investissements productifs. La CEA a d’ailleurs fait une mise en garde à ce sujet. Le fait est qu’en 2025, à l’exception du Burundi, aucun pays de la CEEAC n’a dépassé 20% du PIB en crédits au secteur privé, très loin de la moyenne mondiale (140,3%), ce qui freine particulièrement les PME nécessitant des financements de moyen et long terme.
Le contexte justifie donc l’urgence. Depuis l’effondrement des prix pétroliers en 2017, plusieurs États d’Afrique centrale ont adopté des réformes destinées à diversifier leurs économies. Néanmoins, l’écart entre textes votés et réalisations demeure frappant. La CEA pointe des avancées, à l’instar de la simplification administrative, la digitalisation des services publics, la modernisation fiscale, le renforcement des cadres juridiques, mais constate que la mise en œuvre progresse trop lentement, car les obstacles restent nombreux. On parle, entre autres, de complexité réglementaire, coûts de conformité, insécurité juridique, déficit d’infrastructures productives, accès limité au financement, insuffisance des compétences et faiblesse de l’innovation.
Il convient de noter que les responsables du Bureau sous‑régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et les ambassadeurs des États membres se sont réunis dans la matinée de ce 08 Octobre 2026 pour dresser le bilan 2025–mi‑2026 et posé les jalons de la 42ᵉ session du Comité intergouvernemental des hauts fonctionnaires et experts (CIE). À l’heure où la Décennie de la diversification atteint son milieu, la session de Yaoundé se présente comme un moment crucial pour transformer des intentions en réalisations mesurables. Pour l’Afrique centrale, l’enjeu est clair : faire du secteur privé un véritable moteur de transformation économique et de résilience face aux chocs extérieurs.

