Affaire Charlotte Dipanda-Annie Payep : « ne détournez pas le débat! »

Sonia Same
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La journaliste Annie Payep questionne la condamnation faite à la diva Charlotte Dipanda, pour l’invitation acceptée à Canal d’or.

Certains Camerounais critiquent le fait que la chanteuse de renom Charlotte Diva ait accepté l’invitation de Canal d’or. Il convient de préciser que, selon des indiscrétions, sa présence à l’évènement a été refusée par la présidence de la République. Cela serait dû à une prise de parole faite dans les années passées. Elle s’était montrée favorable au changement au sommet de l’État. La journaliste Annie Payep s’étonne du fait qui lui soit reproché d’avoir voulu participer à un évènement parrainé par la Première Dame Chantal Biya.

« Vous reprochez à cette artiste, une de nos valeurs sûres, d’avoir accepté de prester aux #Canal2or sous prétexte qu’elle avait donné un avis sur une question politique ? Jusqu’à parler d’incohérence ? Sérieux ? Donc donner un avis t’empêche de prester à un événement où sont présentes certaines personnes qui, plus, restent un évènement privé ? Consacré à célébrer l’art ? Pourquoi vous voulez absolument enfermer les artistes ? Tout cela pour vous éloigner du vrai sujet. Un/une artiste n’a-t-il/elle pas le droit de donner un avis? N’est-il/elle pas avant tout un/une citoyen (ne) comme un/e autre ? Pourquoi déplacer le débat ? Le fait de rire, danser, travailler ou côtoyer certaines personnes (pour reprendre certain.e.s) empêche-t-il de donner son avis sur la marche du pays? De faire son boulot d’artiste quand on y est appelé ? Elle y allait pour chanter, ce qu’elle sait faire avec beaucoup de talent. Est-elle militante de quoi que ce soit ? Vous validez même quoi ainsi ? Le sujet de fond est beaucoup plus grave. Et c’est le seul sujet à l’ordre du jour auquel il faut opposer un véto absolu. Comment en sommes-nous arrivés là ? », a-t-elle écrit.

Il faut dire qu’en parlant d’alternance, la diva Charlotte Dipanda pense que le développement du pays pourrait venir avec le départ du pouvoir du président Paul Biya.

« Tant qu’il n’y a pas d’alternance, il n’y a pas véritablement de développement possible », affirmait-elle dans cette intervention. Effectivement, j’ai vraiment eu la chance en tant que Camerounaise d’aller dans plusieurs régions du Cameroun. C’est un atout parce que les Camerounais à l’intérieur du pays ne voyagent pas beaucoup. Donc chacun reste dans sa région, dans sa ville. Souvent, on nait, on grandit et puis les autres, on les voit toujours comme si c’était un peu des étrangers. D’où l’appellation de l’Afrique en miniature. C’est vraiment un pays qui, du nord au sud, est complètement différent. Les gens ont des postures différentes, des cultures différentes. D’ailleurs, on a plus de 200 langues au Cameroun. D’où la difficulté, même pour un chef d’État, de diriger tous ces Camerounais de tous bords, différents. Mais j’avoue que moi, par exemple, je n’ai connu que le président actuel. Qu’est-ce que ça me ferait du bien d’avoir une autre proposition, de se dire que c’est une époque qui est inéluctablement révolue aujourd’hui et qu’on a besoin de voir ce que ce pays peut apporter à cette jeunesse-là qui est différente. Parce que c’est une jeunesse qui est ouverte aussi à l’extérieur, qui voit ce qui se passe ailleurs et qui a le devoir, en tout cas l’espère aussi pour son pays», avait-elle déclaré.

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