Achille Mbanga : « Aladji Touré doit comprendre qu’hier, c’était lui et qu’aujourd’hui, c’est son secrétaire général qui est aux commandes de la SCDV »

Fabien Mbarga
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Le producteur et homme de cinéma Achille Mbanga revient sur l’élection du nouveau Conseil d’administration de la Société camerounaise des droits voisins (SCDV), remportée le 15 octobre 2026 par Joseph Franklin Boati, également appelé Franck-Claude Boatty. À la tête de la liste blanche, ce dernier a obtenu 302 voix, soit 70,4 % des suffrages exprimés, contre 127 voix, soit 29,6%, pour Ruben Kwame Binam Bikoï, candidat de la liste verte.

Membre du groupe de travail chargé de la mise en œuvre du processus électoral, Achille Mbanga estime que l’élection s’est déroulée de manière démocratique et transparente. Il revient également sur le rejet de la candidature d’Aladji Touré, cofondateur et premier président de la SCDV, dont la liste avait été écartée pour dossier incomplet. Dans cet entretien réalisé le 23 octobre 2026 à Yaoundé, en marge de l’installation des nouveaux membres élus du Conseil d’administration, le producteur évoque aussi son retour au cinéma, avec un projet de série de 52 épisodes prévu pour l’année prochaine.

Une élection « très démocratique »

Achille Mbanga, vous faisiez partie du groupe de travail qui a organisé cette élection. Quel bilan en tirez-vous ?

Nous avons assisté à une très belle élection, une élection démocratique. Je la trouve très claire. J’ai fait partie des membres du groupe de travail chargé d’organiser ces élections. Avec l’expérience que j’ai des élections, que ce soit dans le football ou dans la musique, nous tenions à bien faire les choses.

Si vous étiez dans la salle, vous pourriez remarquer que tout s’est bien passé, à l’exception d’un petit incident au bureau F. Mais, cela a été vite réglé, car j’ai proposé que l’on échange les personnes qui occupaient ce bureau. Après cela, jusqu’au dépouillement, tout s’est bien passé, selon moi, et Franck-Claude Boatty a gagné. J’ai vu qu’il a échangé une accolade avec le jeune Binam, qui était perdant. J’estime que cela a été très démocratique.

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de constituer ce nouveau Conseil d’administration ?

Il faut comprendre que, du côté des artistes, il y avait des contestations et des affaires portées devant la justice. Une partie a fini par gagner, et le ministère des Arts et de la Culture ne pouvait pas accepter l’organisation d’élections tant que la justice n’avait pas rendu son verdict.
Dès que le verdict a été rendu, nous avons obtenu l’autorisation d’organiser les élections, et c’est ce qui a été fait. Je félicite déjà le groupe de travail, auquel j’appartenais, qui a bien travaillé et s’est même sacrifié pour que ce résultat soit obtenu.

Le rejet de la candidature d’Aladji Touré

La candidature d’Aladji Touré a été rejetée. Comment analysez-vous cette décision ?

La décision a été prise par le groupe de travail, sur la base des règles qui encadrent le processus. Sa liste a été rejetée pour dossier incomplet. Le groupe de travail a notamment relevé qu’il n’avait pas transmis le décret de naturalisation ou de réintégration de la nationalité camerounaise, dûment signé par le président de la République.
« Qu’il accepte le verdict »

Peut-on s’attendre à une réconciliation entre Aladji Touré et la nouvelle équipe ?

Ce sont des gens que je connais. Vous savez qu’en matière d’élection, soit on aime, soit on n’aime pas. Si nous sommes des démocrates, nous devons nous attendre à ce qu’Aladji Touré vienne embrasser son secrétaire général. C’est quand même son secrétaire général. Pour l’instant, on peut tout dire. Mais, lorsqu’on réfléchit, surtout que nous sommes des hommes âgés, il va réfléchir. Il viendra embrasser son secrétaire général, son collaborateur le plus proche. D’ailleurs, c’est ce qui est recommandé. Mais comme les deux étaient en justice, ils étaient aussi des adversaires. S’il ne veut pas le faire, il est libre. Il est libre de poursuivre en justice ou non.

De mon côté, je suis un homme humble, un homme qui aime la musique et les artistes. Je conseille à Touré, qui est notre grand frère à nous tous, d’accepter le verdict. Qu’il comprenne qu’hier, c’était lui. Aujourd’hui, c’est son secrétaire général qui est aux commandes de la SCDV. C’est le conseil que je peux lui donner en tant que son petit frère.

Relancer la SCDV

Que peut-on attendre maintenant que la situation s’améliore ?

En tant qu’artiste, je crois que le souhait de tous les membres de la SCDV était de voir la société reprendre ses activités. Nous avons perdu quatre années. Le souhait était que la société soit remise en marche, pour que nous continuions à vivre et à survivre. Nous avons énormément perdu pendant ces quatre ans où la société n’existait pas réellement. Plus tard, on pourra parler du recouvrement des arriérés, ce qui serait normal. Mais l’essentiel aujourd’hui, c’est que la SCDV fonctionne de nouveau.

Achille Mbanga retourne au cinéma

Et sur le plan personnel, quels projets portez-vous dans la musique et le cinéma ?

Il fallait d’abord que la société se remette. Nous sommes producteurs à vie, donc nous allons continuer à produire. Dès lors que la société est mise en place, après l’installation du nouveau Conseil d’administration et l’ouverture du siège, nous allons poursuivre notre travail.
Pour moi, la SCDV ne concerne pas seulement la musique, mais aussi le cinéma. Et moi, je fais dans les films.

Je vais me lancer dans un projet de 52 épisodes, comme les gens aiment. Je crois que d’ici l’année prochaine, je vais le lancer. Les gens vont vivre mes films comme ils ont toujours vécu avec Coup de balai. Cette fois-ci, même si ce ne sont pas les mêmes acteurs, l’important est que nous soyons de retour sur le terrain.

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Fabien MBARGA est Journaliste & EnseignantAvec plus de 20 ans d’expérience au cœur des médias, Fabien Mbarga est une voix qui compte dans le paysage audiovisuel et journalistique camerounais et africain.Son parcours l’a mené des studios de radio aux plateaux de télévision, des rédactions de presse écrite aux rédactions cybernétiques, en passant par la production de contenus. Partout, il a bâti une réputation de rigueur, de curiosité et de pédagogie. Spécialisé dans les thématiques qui façonnent notre quotidien, il excelle particulièrement sur : le Sport, la Société, l’Éducation et le Développement Durable.Journaliste de terrain et analyste, il est également parfaitement à l’aise pour traiter des dossiers complexes en Politique, Économie, Diplomatie et dans tous les domaines de l’actualité.
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