Vendredi soir, le soleil venait à peine de disparaître sur Yaoundé quand Merveille Mbella, 23 ans, a franchi les portes de l’institut de beauté familial pour la dernière fois.
Sourire discret, gestes assurés, elle prêtait main-forte à sa mère lorsqu’un client pas comme les autres s’est présenté : un militaire au nom de Bansena Paulin, qui, après ses soins, a proposé de les raccompagner.
Une offre polie, acceptée sans se douter que, quelques heures plus tard, la vie de la jeune tiktokeuse s’éteindrait dans des circonstances que l’on peine encore à éclaircir. Mais selon les éléments recueillis auprès d’un proche du dossier, la thèse du viol est écartée !
Le trajet avait pourtant tout d’ordinaire. Un arrêt pour acheter des affaires destinées à l’enfant de Merveille, puis le retour à la maison. Mais la faim, exprimée sur le pas de la porte, a conduit le militaire à l’emmener dîner dans son restaurant à Bastos.
De là, la soirée s’est prolongée dans son domicile privé. Selon une source proche de l’enquête, c’est dans ce huis clos que la situation a basculé : aucune trace d’agression sexuelle, mais la consommation présumée d’une drogue dure, que son organisme n’aurait pas supportée.
Le malaise a été brutal. Transportée à la clinique Le Jourdain par le militaire, Merveille a été déclarée morte peu après. Le centre hospitalier, suspectant une cause non naturelle, a aussitôt alerté les gendarmes. Le suspect a été placé en garde à vue à la Compagnie de gendarmerie de Yaoundé I.
Le corps, déposé à la morgue de l’Hôpital central, attend une autopsie censée lever le voile sur la nature exacte de la substance ingérée et sur les dernières minutes de la victime.
Au-delà de l’émotion qui secoue les réseaux sociaux, cette affaire jette une lumière crue sur deux réalités inquiétantes : la banalisation de la consommation de drogues dures dans certains milieux et les zones d’ombre qui entourent souvent les morts suspectes à Yaoundé.
Tant que la vérité ne sera pas établie, la dernière nuit de Merveille restera marquée par une question obsédante : s’agissait-il d’un accident tragique… ou d’une faute impardonnable ?







