Un réseau de voleurs de véhicules d’une organisation redoutable vient d’être partiellement neutralisé à Yaoundé. Cinq membres ont été interpellés, mais le chef présumé, connu sous le pseudonyme Omega, reste introuvable.
Derrière ce fait divers, c’est toute la vulnérabilité de la capitale face à une criminalité de plus en plus structurée qui se dessine.
Selon la commissaire divisionnaire Christine Irène Mindjom, en charge du commissariat central nᵒ 4, les malfaiteurs ciblaient principalement les taxis de marque Toyota Yaris, multipliant les stratagèmes pour neutraliser les conducteurs ou contourner les dispositifs de sécurité. Drogues, passages à tabac, fausses clés déposées dans les parkings surveillés : rien n’était laissé au hasard.
Dès le lendemain, les véhicules volés étaient transformés dans des garages clandestins, repeints, reconditionnés et rendus méconnaissables. Le réseau fonctionnait comme une véritable entreprise criminelle, intégrant tôliers, électriciens et tapissiers dans sa chaîne de transformation.
La police affirme avoir retrouvé, au domicile de l’épouse d’Omega, déjà connue de leurs services, plusieurs dossiers de véhicules, preuve de la sophistication du système.
Pourtant, malgré ces arrestations, deux figures clés – Omega et son « spécialiste en drogues » – échappent encore aux autorités. De quoi alimenter les soupçons sur la porosité des enquêtes et la capacité réelle des forces de l’ordre à démanteler un réseau manifestement enraciné.
Au-delà des arrestations, une question demeure : comment un gang aussi organisé a-t-il pu prospérer si longtemps dans une capitale où les postes de contrôle routier pullulent ?
La falsification de documents et de numéros de châssis ne devrait pas suffire à paralyser un État doté d’institutions de sécurité. Si la police et le ministère des Transports promettent de « trianguler » les données pour restituer les véhicules, la confiance des victimes reste ébranlée.
Dans les rues de Yaoundé, beaucoup redoutent que, tant que Omega court toujours, ce réseau ne soit jamais vraiment éradiqué.







