Le Grand Conseil vaudois a largement validé mardi les comptes 2022 du Canton, qui ont bouclé sur un résultat positif, non sans près de deux heures de discussions. A gauche de l’hémicycle, plusieurs députés ont réclamé davantage d’investissements face au réchauffement climatique et pour les politiques tant sociales que sanitaires.
Les comptes ont été acceptés par 93 oui contre 7 non et 22 abstentions. Ils affichent un léger excédent de revenus d’un million de francs, alors que le budget tablait sur un déficit de 188 millions.
Ce résultat intègre, comme à son habitude, des écritures de bouclement et de préfinancement à hauteur de 493 millions de francs. Celles-ci sont en baisse de 181 millions de francs par rapport aux comptes de 2021. C’est la 18e année consécutive que les comptes vaudois présentent un résultat positif, mais de justesse cette fois.
Préfinancement et fiscalité
Les discussions ont toutefois été longues et nourries, s’écartant peu à peu du seul sujet à débattre, à savoir le bouclement des comptes. La gestion des préfinancements et la question des baisses d’impôts ont alimenté près de deux heures de discussions entre les partis de gauche et de droite.
Deux rapports de minorité issus de la Commission des finances (COFIN) recommandaient symboliquement de ne pas approuver ces comptes 2022. Hadrien Buclin (Ensemble à Gauche & POP) a critiqué « la sous-estimation fiscale et le recours massif aux préfinancements ». L’argent amassé par l’Etat d’année en année devrait renforcer le service public, aider à diminuer les émissions de CO2 et soutenir les ménages les plus modestes, selon lui.
Le député vert Didier Lohri a, lui, fustigé le « déficit démocratique » autour des opérations de préfinancement qui faussent la « sincérité budgétaire ». « Les compétences du législatif sont diminuées et le Conseil d’Etat thésaurise de l’argent de manière étonnante », a-t-il affirmé.
Les deux rapporteurs de minorité ainsi que d’autres élus à gauche ont cité plusieurs fois le chiffre de plus de 5 milliards de francs de capital propre au budget 2022. « Ce n’est pas le but premier de l’Etat de se faire un petit trésor de guerre », a estimé Rebecca Joly (Verts). « Arrêtons de nous sous-doter de moyens pour l’avenir », a-t-elle insisté.
Ne pas tout confondre
Investir dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour la transition énergétique, dans les politiques…
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