MADRID, Espagne | Les bracelets anti-relationnels, que le ministère de la Sécurité publique du Québec commence à utiliser, ont prouvé leur efficacité depuis plus d’une décennie en Espagne : aucune des 13 000 victimes de violence conjugale protégées par cet outil n’a été tuée.
« L’avantage du bracelet, c’est qu’il prévient les autorités en amont. Si l’ordre de distance est de 500 mètres, l’appareil sonne lorsque l’homme est à moins de 1000 mètres. La victime pourra alors chercher où se protéger, comme dans un magasin ou à la maison », explique Marta Fernández Ulloa, chef de l’unité de protection des femmes de la police de Madrid.
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Le nouveau modèle de bracelet anti-réconciliation présenté par le Ministère de l’égalité en Espagne, en janvier 2023.
Depuis 2009, plus de 13 000 hommes violents ont été contraints de porter cet appareil, inventé à Madrid par un scientifique espagnol, à la cheville ou au poignet. Il a été largement récompensé pour sa technologie de pointe mondiale.
Dissuader
« Il est clair que la technologie a un grand potentiel pour dissuader les attaques tout en donnant à la victime un sentiment de protection et de sécurité », a déclaré la criminologue espagnole Lorea Arenas García dans une analyse.
« La mesure est également efficace pour arrêter les attaques potentielles, car il n’y a pas eu un seul cas de [meurtre] et il a réussi à stopper les intentions homicides des assaillants qui traversaient la zone d’exclusion », écrit le professeur d’université.
Plutôt que la prison, les juges peuvent imposer cette mesure de surveillance aux prévenus qui ont enfreint leur ordonnance de protection. Ils déterminent également la distance de séparation à ne pas franchir.
« On peut aussi inclure des lieux comme le domicile de la victime, son lieu de travail », énumère la juge María Gracia Perera de Cáceres, présidente d’un des tribunaux spécialisés dans les violences faites aux femmes à Madrid.
Erika Aubin / JdeM
La juge María Gracia Perera de Cáceres, présidente de l’un des tribunaux spécialisés dans la violence contre les femmes à Madrid.
Les magistrats ont de plus en plus recours à ce dispositif, qui a prouvé son efficacité et qui s’est amélioré au fil des années, selon elle. L’outil est également un précieux moyen de preuve, puisque toutes les alertes sont enregistrées, ce qui évite à la victime de se rendre dans un commissariat pour dénoncer l’infraction.
- Écoutez l’entrevue de Richard Martineau avec Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale via QUB-radio :
Pas toujours la solution
La juge María Gracia Perera de Cáceres prévient toutefois : « Pour certains profils d’accusés, le bracelet n’est pas la bonne…
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