L’affaire fait grand bruit au Cameroun : une jeune fille a inventé la mort de sa propre mère, allant jusqu’à concevoir un faux programme d’obsèques diffusé dans plusieurs groupes WhatsApp pour solliciter un soutien financier.
La supercherie, découverte par sa famille et relayée sur les réseaux sociaux, soulève un profond malaise face aux dérives de certains jeunes en quête facile d’argent.
Dans une vidéo devenue virale, on voit la tante de la jeune fille, vêtue d’un pagne du 8 mars, l’interroger sur cette mise en scène macabre. Incapable de fournir une explication cohérente, l’adolescente se retrouve confrontée à sa mère bien vivante, assise à ses côtés, visiblement bouleversée par l’acte de son enfant.
Sa tante lui intime de revenir dans chaque groupe pour démentir la fausse nouvelle et demander pardon, allant jusqu’à lui reprocher d’avoir “tué” symboliquement sa propre mère pour de l’argent.
L’affaire choque autant qu’elle interroge. Alors que de nombreuses familles pleurent réellement leurs proches dans un contexte économique difficile, cette mise en scène d’obsèques fictives illustre les dérives d’une jeunesse en perte de repères, prête à instrumentaliser les liens familiaux pour assouvir des besoins matériels.
Derrière le scandale, certains observateurs y voient le symptôme d’une société où la pression sociale et le culte de l’apparence (notamment autour des smartphones dernier cri) alimentent des comportements toujours plus extrêmes.
Cet épisode, aussi insolite que troublant, appelle à une réflexion collective. Si l’acte de la jeune fille relève d’une faute individuelle grave, il révèle aussi l’urgence d’un encadrement éducatif et moral plus fort. Car dans un pays où la solidarité reste un pilier culturel, détourner l’empathie collective à travers la mort inventée d’un parent constitue bien plus qu’une simple erreur : c’est une trahison qui fragilise la confiance entre proches et défigure la valeur sacrée de la famille.







