Nous hésitons à les présenter sous forme de livres. En les lisant, plus on s’y plonge, plus on a le sentiment d’avoir affaire à un monument, un mémorial fait d’images et de connaissances (1). Deux passionnés, Jean-Marie Minot et Didier Vivien, ont en effet décidé de raconter toute l’histoire du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais à partir des groupes miniers tels qu’ils se sont organisés après 1945 avec la nationalisation des houillères. Les deux premiers tomes parurent traitant de celui de Douai, puis de celui de Lens-Liévin il n’y a pas si longtemps.
Ces magnifiques œuvres sont une partie centrale des images soigneusement éditées. Toute une partie de la mémoire visuelle du bassin minier passe par les photographies de cartes postales. Puis la « photographie industrielle » commandée par les entreprises prend le relais. Évidemment, ces clichés ne sont pas simplement documentaires mais peuvent aussi être analysés comme des « images de propagande » patronales. Ernest Mésière, photographe parisien, est mandaté par les mines de Lens (alors Aniche) pour célébrer leur « modernité » par l’image. En fait, « le paysage ici est intensément politique », comme le soulignent les auteurs.
Outre les introductions documentaires et historiques, d’autres textes parsèment les volumes pour évoquer l’impact de la Grande Guerre (Yves Le Maner) ou l’histoire des Sang et Or du Racing Club de Lens et de leur stade.
Mais surtout, chaque fosse est précisément localisée, décrite et illustrée par diverses photos d’époques différentes. Voici la fosse 5 de Billy-Berclau, qui sert, apprend-on, au déplacement du personnel et à la ventilation des puits et non à l’extraction. Une carte postale montre le chevalet surmonté d’un dais à l’aplomb du puits, dispositif assez rare à l’époque. On en voit encore aujourd’hui des traces sur place, et notamment le socle métallique du chevalet. Je me souviens…
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