Perdue dans un labyrinthe de portes et de sas, au rez-de-chaussée de la maison RATP, Sandra, chanteuse, se détend, s’étire. Ce n’est pas un télécrochet comme The Voice ou la Nouvelle Star, mais une audition pour jouer dans les allées bondées des métros parisiens.
Sur plus de 1000 dossiers sélectionnés par le label à auditionner, 300 peuvent obtenir le précieux sésame. « Je suis là pour le challenge, peu importe si je ne l’ai pas cette fois, c’est une expérience supplémentaire, je ne perds rien », dit Sandra, quelques secondes avant sa visite en solo dans le petit studio aménagé pour l’occasion. Le trac monte un peu, elle est venue sans instrument, la tâche est plus difficile à convaincre. Un grand sourire dessine son visage entre deux vocalisations d’échauffement. Face à elle, Stella Sainson, patronne du label et ancienne agente de plateforme, ajuste le son et la caméra fournie pour filmer chaque passage. Un jury composé de salariés de la RATP l’accompagne. Samy, conducteur de la ligne 12 avec des fiches d’évaluation personnelles l’avoue, « ils nous ont proposé cette expérience, et même si je n’ai pas de fibre musicale, j’aime bien les artistes du métro, ils mettent un peu de gaieté dans les couloirs gris ».
Les couloirs parisiens, tremplin pour les artistes
La promesse du label est double. Se produire légalement dans le métro, mais aussi la possibilité de jouer sur les scènes de festivals où la RATP est partenaire comme Solidays, Chorus ou Lollapalooza… « Ce badge leur donne une valeur ajoutée à leur travail dans le métro, les usagers apprécient les animations dans les couloirs et donnent du crédit à ceux qui se donnent vraiment la peine », explique Stella entre deux auditions d’affilée. Si certains ont bel et bien percé dans la clandestinité francilienne comme Wiliam Baldé, Pep’Z ou Zaz, ce n’est pas ce qui intéresse les candidats. « J’aime être au contact du public, le voir sourire, s’arrêter, tourner autour de moi et taper du pied, c’est ma meilleure récompense », dit un professeur de musique venu retenter sa chance. Avec sa cithare, un instrument à cordes pincées d’Autriche, il auditionne pour la deuxième fois. « L’accueil et l’organisation sont très agréables cette année. En 2015 c’était plus compliqué de convaincre, il n’y avait qu’un seul membre du jury. »
Pour Julien, artiste électro venu avec un synthétiseur, il s’agit aussi d’élargir sa notoriété. « Je débute, c’est l’occasion de se constituer une audience, d’afficher mon nom avec une pancarte, que les gens trouvent mes compositions sur les plateformes d’écoute ». Les joues cramoisies devant son parterre d’agents, il avoue franchement son trac. « Est-ce la première fois que vous vous produisez en public ? », demande Stella, soucieuse d’avoir devant elle des artistes confiants.« Vous aurez une réponse dans 8 à 10…
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