Le 09 juillet dernier, la paisible ville de Touboro a été le théâtre d’une scène inattendue et terrifiante lorsqu’un buffle en furie a fait irruption, provoquant la panique parmi les habitants. L’animal, qui s’était échappé de son troupeau à Tollere, à environ cinq kilomètres de Tchollire, a parcouru plusieurs villages, blessant au passage un cultivateur à Laboun, avant d’atteindre la ville de Touboro.
Le buffle a semé la terreur en se retrouvant à la résidence officielle du Sous-préfet de l’Arrondissement de Touboro, où il a blessé un homme. Alertées, les forces de l’ordre ont rapidement sécurisé les populations et ont escorté l’animal par la route principale du carrefour Ngumi jusqu’au quartier Biltiou. C’est dans ce quartier qu’il a été finalement maîtrisé, tombant dans une mare d’eau et étant assommé par un habitant tard dans la nuit du 09 au 10 juillet.
Cet incident a suscité de nombreuses réactions et interprétations au sein de la population. Pour les rationalistes et les scientifiques, il s’agit d’un phénomène isolé. Le Mayo Rey, avec ses deux Parcs Nationaux, est une région où la présence d’animaux sauvages est courante. Ces animaux peuvent s’égarer et causer des perturbations en entrant dans les zones habitées.
Cependant, d’autres habitants y voient un signe plus profond. Certains patriarches rappellent que c’est la troisième fois qu’un animal féroce pénètre dans la résidence du Sous-préfet ou du Chef de District de Touboro. Des observateurs soulignent que la position de cette résidence officielle pourrait favoriser la visite d’animaux égarés, tandis que d’autres y voient des signes métaphysiques ou superstitieux.
Pour certains, l’esprit du Chef Mbay Bol, l’un des premiers chefs de Touboro et maître des buffles, pourrait être derrière cette apparition. Mbay Bol, connu pour sa générosité et ses talents de chasseur, entretenait des relations particulières avec les animaux et se transformait en divers animaux pour chasser. Cette incursion pourrait être perçue comme une visite spirituelle ou un message destiné aux autorités locales.
Bouba Ganzamai, un ancien comptable à la retraite, interprète cet événement comme un appel aux autorités de Touboro à prendre des décisions stratégiques face aux revendications socio-politiques et culturelles des peuples autochtones de la région.
Cet incident, au-delà de la frayeur qu’il a provoquée, rappelle la richesse des croyances et des traditions locales, où chaque événement peut prendre une signification bien au-delà de l’apparence.







