Depuis trente-cinq ans, la région montagneuse du Haut-Karabakh n’a cessé d’être disputée par Erevan et Bakou. Au terme de deux guerres et de 30 000 morts, un accord de paix pourrait aboutir sous l’égide des États-Unis. Les deux puissances participent au grand jeu de leurs alliés turcs, russes, iraniens et français.
Une bouture datant de l’URSS
Dans le Caucase, à cheval entre l’Europe et l’Asie, les origines du conflit remontent à des siècles entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les deux peuples ont chacun eu un parcours historique, culturel et religieux différent dominé par les empires ottoman, russe et britannique. Les deux guerres autour de l’enclave du Haut-Karabakh proviennent en partie des découpages territoriaux de l’ère soviétique. L’historien et spécialiste des relations internationales Andreï Gratchev notait dans « L’Humanité » : « Pour l’Empire russe, cette région correspond aux Balkans, avec un enchevêtrement de peuples, d’ethnies aux rivalités ancestrales. Le partage opéré dans les années 1920 par les bolcheviks, qui attribuaient le territoire peuplé d’Arméniens à la République d’Azerbaïdjan, a entraîné des tensions à la fin des années 1980. A l’époque de l’URSS, les Azéris, les Arméniens, les habitants du Haut-Karabakh, tous étaient perçus comme citoyens d’un même Etat. Au moment de son implosion, la population de cette enclave a exigé son adhésion à l’Arménie et déclaré son indépendance en 1988. » Les Arméniens vivant dans l’enclave ont exigé le transfert de ce qui était alors l’Oblast autonome du Haut-Karabakh (NKAO) de l’Azerbaïdjan soviétique à Arménie Avec l’effondrement de l’URSS, une véritable guerre a commencé.
1988. Avec la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev, le Haut-Karabakh vote pour l’autodétermination. Mais l’Union soviétique refuse son rattachement à l’Arménie. ©AFP
Faute de paix, une trêve
La première guerre a pris fin en 1994 avec la signature d’une trêve à Moscou le 16 mai entre les dirigeants de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan, du Karabakh et de la Russie. La Turquie, la Russie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et les États-Unis ont participé directement ou indirectement à ce conflit. Les combats se sont concentrés sur les régions du Haut-Karabakh, du Nakhitchevan et de Zangezour. En 1995, l’OSCE, avec le groupe de Minsk, a proposé sa médiation pour parvenir à une paix acceptable. Au final, le Haut-Karabakh et sept districts adjacents sont totalement ou partiellement contrôlés par les forces arméniennes. Mais le bilan est très lourd pour les deux pays, avec plus de 20 000 morts et 1 million de déplacés. Les Azerbaïdjanais ont fui l’Arménie, le Haut-Karabakh et les territoires environnants. Les Arméniens ont quitté leurs foyers en Azerbaïdjan.
Un conflit gelé… et brûlant
Des affrontements meurtriers se succèdent de 1994 à 2020….
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