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Tamerantong ! détruit les préjugés

C’est une prouesse linguistique qui force l’admiration. En six mois, une troupe de jeunes de 6 à 18 ans a appris à dire, en slovaque, les textes de la pièce Gitan de Lord Stanley. Originaires de la Plaine Saint-Denis, les comédiens n’avaient jamais parlé cette langue. Les voici pourtant, ce jour de mai 2018, fouler les planches d’un théâtre devant une communauté tsigane dans un bidonville de Slovaquie.

Les répétitions s’enchaînent pendant deux ans avant d’aboutir à une tournée, de 2013 à 2018, à travers la France et au-delà. L’entreprise Tamèrantong!, fondée en 1992, promeut la pratique artistique dans les quartiers populaires. La Gypsy, sur la route avec Tamèrantong !un documentaire qui rend hommage à leur travail, a été projeté le vendredi 30 juin à la Maison du geste et de l’image à Paris.

Le Gitan de Lord Stanley, qui s’inspire d’un conte gitan, traite avec une finesse teintée d’humour le rejet de la différence sur fond d’amour impossible. L’arrivée de Gens du voyage dans un village attise la colère des habitants, qui hésitent à voir des étrangers arriver chez eux. Lord Stanley, le notable du village, est seul à défendre les nouveaux venus. Alors que les tensions montent, il tombe amoureux d’une jeune tsigane dont les proches s’opposent à cette union.

L’autre face de la banlieue

Altérité, jugement hâtif, exclusion : le sujet avait été choisi dans un contexte particulier. Dans les années 2010, des camps de gitans sont installés à la Plaine Saint-Denis.  » A l’époque, les Roms étaient les ennemis de la nation. Il y avait beaucoup de violence et de préjugés contre eux », précise Christine Pellicane, fondatrice de l’entreprise. Les jeunes résidant dans le quartier assistent alors à la mendicité, à leurs mauvaises conditions de vie, à la destruction des bidonvilles, à l’expulsion des familles. Sans comprendre les raisons d’une méfiance ambiante frisant la haine.  » Un malaise s’installait et il fallait en parler», se souvient Christine Pellicane. Par le biais du théâtre, les jeunes ont été sensibilisés au racisme anti-Roms.

Le fondateur de l’entreprise fait un parallèle avec la situation actuelle : «Quand on parle des enfants du quartier, on les rend effrayants. Alors que, comme toute la jeunesse du monde, elle a besoin d’aide pour grandir. Ce spectacle montre l’envers des quartiers.Le réalisateur Sébastien Lefèbvre a lui aussi voulu faire exploser les préjugés avec le documentaire qui pose un regard aux antipodes de la pensée dominante : «C’est rageant de voir que les gens répètent ce que dit la télé sur la banlieue, sans jamais y avoir mis les pieds.»

Le jeu pour canaliser sa colère

Pour démanteler les idées reçues, la rencontre est précieuse. Le pont entre les jeunes de Seine-Saint-Denis et les Roms de Slovaquie a été construit par la rencontre avec Ivan Akimov, fondateur de Kesaj…

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