Alors que les procédures trament depuis 15 ans, Joséphine Nguemogne qui détenait 20% des parts, est décédée sans avoir pu rentrer dans ses droits “confisqués” par son petit-fils.
Les ayant-droits de Teu Roger Kameni Tchuente ont commémoré le 15ème anniversaire de la mort de factionnaire majoritaire de la compagnie de transports Tala voyages le 5 juin 2022, dans le désarroi. La dernière actionnaire, mère de factionnaire majoritaire, étant décédée le 30 avril dernier.
« La matriarche de 89 ans est décédée quelque peu déçue car elle savait que le Cameroun est un pays de droit, mais que tous ses enfants qui sont appelés à dire le droit ne sont pas droits », rapporte Eric William Gounou Djilo, mandataire des ayant-droits de la succession Kameni. Elle qui, comme ces ayant-droits, s’en sont remis au ministre de la Justice, garde des sceaux (Minjustice) Laurent Esso qu’ils ont saisi il y a un an, pour les aider à démêler l’écheveau au sujet de la crise née de la de succession de Roger Kameni Tchuente, actionnaire majoritaire (80%) de la société de transports Tala voyages.
Certes Eric William Gounou Djilo croit à une porte de sortie favorable aux ayant-droits: «n’étant pas ayant-droit direct en raison de sa position de petit-fils, et surtout parce que sa mère vit encore, sieur Ngasseu (qui gère l’héritage du défunt contre la volonté des ayant-droits, Ndlr) ne peut pas prétendre agir en qualité- d’ayant-droit», analyse l’homme. Mais «la justice continue de tenir la corde car elle est la seule capable de- permettre à la veuve et aux orphelins de rentrer dans leurs droits», pose-t-il comme
Interminables procédures
Une issue qui semble ne pas toujours déboucher sur la solution car jusqu’ici, les procédures piétinent lorsque des dossiers ne disparaissent pas. Au pénal, deux arrêts de la oour suprême ont renvoyé les affaires Joséphine Nguemogne et veuve Kameni contre sieur Ngasseu et autres au tribunal de Grande instance du Mfoundi, pour une reprise à instance.
Deux autres affaires opposant les ayant-droits de la société tala voyages à sieur Ngasseu et la société Maryland dite «Petit Tala» (qui progressivement a repris les activités de Tala voyages), sont pendantes devant les Cour d’appel du littoral et du Centre. Au civil, une affaire en référé d’heure en heure en expulsion a déjà duré douze mois et connu deux décisions à l’instance, six arrêts à la Cour d’appel du Centre, quatre pourvois sont pendants devant la Cour suprême.
En février et en mars 2021, les ayant-droit avaient écrit au Minjustice, ainsi qu’au Premier président de la Cour suprême, pour dénoncer (’«imbroglio judiciaire » dans lequel ils se trouvaient. C’est que, 14 ans après le décès de Roger Tchuente Kameni, son neveu Clovis Ngasseu qu’ii avait associé à la gestion des affaires, s’était « accaparé » le patrimoine dont la génitrice du défunt était actionnaire minoritaire.
Le mandat à lui confié ayant été retiré. La justice saisie au civil et au pénal, avait pu rendre quelques décisions qui ne satisfaisaient pas les intérêts des plaignants. Un an après, alors que la dernière actionnaire est décédée, l’affaire devrait prendre une autre tournure.
C’est aux, une décision de non-lieu du Tribunal de première instance de Yaoundé, centre administratif, rendue en 2012, avait été prise au sujet d’une plainte des ayant-droits et de factionnaire minoritaire, «sans convoquer la partie civile», selon cette dernière, qui contestait à sieur Ngasseu sa légitimité à gérer l’entreprise, et interdisait aux employés de Tala voyages de verser les recettes à sieur Ngasseu.
Cette ordonnance «dissimulée» servira à justifier l’autorité.de la chose jugée contre les ayant- droits qui continuent malgré tout, d’espérer une issue qui leur permettrait de « pouvoir enfin rentrer dans nos droits». Et hériter de ce qu’il reste du patrimoine.
La Nouvelle Expression







