L’actuel président de la Commission des Finances du Sénat est au centre d’une controverse.
Le Sénat défraie une fois de plus la chronique. Après les frasques de son secrétaire général le bien nommé Meva M’Eboutou Michel, de retour d’une évacuation sanitaire et mis en congé maladie prolongé avec tous les avantages maintenus, c’est autour de l’illustre ex vice-président du Sénat, Laurent Nkodo, d’étaler La grande comédie du pouvoir, pour reprendre le célèbre ouvrage de Françoise Giroud.
En observant les lieux de pouvoir, les acteurs et autres ferrailleurs de la mangeoire parlementaire, on finit par comprendre la pitoyable génuflexion de Laurent Nkodo, ci-devant ancien directeur général des impôts parachuté au Sénat. Il aurait mal vécu son remplacement au juteux poste de vice-président du Sénat en avril dernier par Robert Nkili. Faut-il rappeler qu’il avait lui-même accédé à ces hautes fonctions après le décès de Sylvestre Naah Ondoua ?
Le 16 mai dernier, se fendant de sa plus belle plume, il saisit le président du Sénat en des termes qui bafouent les règles élémentaires de la correspondance administrative : « Mon départ inattendu et subit du poste de vice-président du Sénat a chamboulé tous mes plans, qu’il s’agisse du financement et de la gestion de la scolarité de mes enfants, au quotidienne ma petite famille et de mes interventions publiques sur le terrain« .
Et de poursuivre : « En effet, mon accession au prestigieux poste de vice-président du Sénat m’avait conduit naturellement à revoir la gestion de mes charges. Cest ainsi que je m’étais engagé à inscrire mes enfants dans des formations scolaires à l’étranger, avec un parcours sélectif« .
Dans la même correspondance, Laurent Nkodo demande au président du Sénat de lui faire payer, ses arriérés d’indemnités ; mais surtout de lui attribuer quelques missions à l’étranger pour qu’il puisse s’acquitter de la scolarité de ses enfants inscrits dans les meilleures écoles.
Après un avis favorable, le 7 juin dernier, il revient à la rescousse dans une lettre de remerciement digne d’une tragi-comédie. Il remercie le président du Sénat de lui avoir payé le reliquat des arriérés d’émolument comme vice-président du Sénat, ce qui lui aura permis de faire face aux charges liées à la scolarisation de ses enfants à l’étranger et d’éviter de tirer le diable par la queue.
Casseroles
Cette sortie pour le moins surréaliste pose un problème sur l’engagement de nos élus. Cet ex directeur général des impôts (Dgi) est coutumier du fait. Il avait été au cœur de différents scandales financiers. De l’argent thésaurisé dans son domicile privé avait été à plusieurs reprises emporté par des proches parents et des employés de maison.
En 2014 déjà, répercutant une demande du Garde des Sceaux, Laurent Esso,Amadou Ali, alors vice-Premier ministre, ministre délégué à la présidence de la République chargé des relations avec les Assemblées, saisissait le président du Sénat, à l’effet d’obtenir la levée de l’immunité parlementaire de Laurent Nkodo.
Un an seulement après la mise sur pied du Sénat, c’est bien la preuve que l’arrivée de Laurent Nkodo au Sénat posait problème au regard des nombreuses pièces à charge d’un dossier judiciaire encore en instance au Tcs.
Max Mpandjo, L’Indépendant







