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Retour triomphal de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire

Après une décennie d’absence, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est revenu jeudi après-midi en Côte d’ivoire. Un retour au bercail rendu possible par la confirmation de son acquittement en appel à la Cour pénale internationale (Cpi) le 31 mars dernier. Mais, aussi par l’acceptation du président ivoirien Alassane Ouattara.

C’est à bord d’un vol régulier venant de Bruxelles en Belgique, où il vit depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (Cpi) que l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo est arrivé à Abidjan dans l’après-midi du jeudi 17 juin 2021. Il a été accueilli au pavillon présidentiel de l’aéroport – mis à sa disposition par le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara- par des dirigeants de son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi).

Pour assurer la sécurité de Laurent Gbagbo, il a fallu éviter tout débordement et des violences A cause d’un important dispositif de sécurité mis en place autour de l’aéroport, de nombreux partisans de l’ancien président ivoirien qui voulaient se rendre à l’aéroport ont été dispersés par les forces de l’ordre à coup de gaz lacrymogène.

Un événement populaire

Les journalistes, parmi lesquels Cedrick Noufele de Radio et télévision Equinoxe, ont réussi à entrer dans l’aéroport et à s’installer près du pavillon présidentiel où ils ont fait leur direct. Laurent Gbagbo s’est ensuite rendu dans le quartier d’Attoban, où se trouve son ancien QG de campagne pour l’élection présidentielle de 2010.

Un communiqué du Fpi avait invité «les membres de la direction du parti» à ’v rendre pour l’accueillir. Des s>! ces indiquent que lors des récentes négociations entre le pouvoir et le Fpi, le pouvoir souhaitait que le retour de Laurent Gbagbo soit sans

“Triomphalisme” : le Fpi a tenu à ce que ce soit un événement vraiment populaire

Des partisans de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo étaient rassemblés à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan -pour accueillir leur leader. Depuis dimanche dernier, Marna, le village natal de Laurent Gbagbo attendait avec impatience le retour au pays de l’ancien président de Côte d’ivoire. Laurent Gbagbo a quitté son pays fin 2011.

Son acquittement définitif par la Cour pénale internationale (Cpi) a été prononcé il y a trois mois. L’acquittement avait d’abord été prononcé par les juges en janvier 2019. L’ancien président ivoirien était très attendu à Abidjan depuis son acquittement pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale (Cpi).

Fair-play d’Alassane Ouattara

Depuis son transfert à la Cour pénale internationale (Cpi) en 2011 où il a été jugé pendant plusieurs années pour crimes contre l’humanité prétendument perpétrés lors des violences post-électorales de 2010 et 2011, l’ancien président Laurent Gbagbo n’avait plus foulé le sol de son pays. Le retour de Laurent Gbagbo le jeudi 17 juin 2021 est l’aboutissement d’une série de négociations avec le régime du président Alassane Ouattara.

C’est le président Alassane Ouattara qui a permis à son prédécesseur de fouler de nouveau le sol ivoirien. Outre le passeport ordinaire et le passeport diplomatique qu’Alassane Ouattara a fait obtenir à Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara a promis à Laurent Gbagbo de bénéficier des avantages liés à son statut d’ancien chef d’Etat.

Des signes de fair-play qui rehaussent l’image d’Alassane Ouattara qui a brigué et remporté en octobre 2020 un troisième mandat présidentiel très controversé. L’ancien ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé n’a pas voyagé avec Laurent Gbagbo. Charles Blé Goudé est resté à La Haye (Pays-Bas) où siège la Cour pénale internationale.

L’Observatoire ivoirien des droits de l’Homme (Oidh) refuse de voir en ce retour de Laurent Gbagbo un événement : «Il fallait bien qu’il rentre un jour en Côte d’ivoire, même s’il avait été condamné et qu’il avait purgé sa peine. Nous ne comprenons pas que son retour soit traité comme un événement en Côte d’ivoire car il était prédestiné à rentrer !».

«Ce n’est pas un service rendu»

Pour l’Oidh: «Il ne faudrait pas que les Ivoiriens fassent des amalgames. Il n’est pas un étranger, il est Ivoirien. L’idéal aurait même été qu’il soit jugé en Côte d’ivoire et, le cas échéant, condamné en Côte d’ivoire. Ce qui est certain c’est que nous n’accréditons pas la thèse de certains selon laquelle il aurait fallu qu’il reste pour toujours à l’extérieur de la Côte d’ivoire».

L’Oidh tient préciser qu’il a observé «le procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à La Haye pendant cinq ans. Ce retour s’inscrit dans le fait que l’un et l’autre ont été acquittés de toutes les charges par la Cour pénale internationale».

L’Oidh fait savoir que «lorsque l’on lit l’arrêt rendu en appel, if ressort clairement que le greffe de la Cpi, en collaboration avec tes autorités ivoiriennes doit tout mettre en œuvre pour le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’ivoire. Ce n’est pas un service qui lui est rendu. Il n’y a plus de charge, il rentre chez lui, il s’agit donc de la chose la plus normale qui soit».

Après le retour de Laurent Gbagbo, il reste encore à faire libérer les détenus politiques, à ouvrir l’espace démocratique, à se doter d’un système électoral consensuel et plus transparent, à faire participer le public et. les citoyens à la gouvernance et à assainir les finances publiques.

La Nouvelle Expression

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